Jean Pisani-Ferry : notre dépendance est devenue un ordre naturel
Pisani-Ferry : la dépendance vue comme ordre naturel

Dans une tribune publiée dans Le Monde, l'économiste Jean Pisani-Ferry livre une analyse percutante de notre rapport à la dépendance. Il affirme que nous nous sommes tellement habitués à notre dépendance aux marchés, aux ressources et aux technologies que nous avons fini par y voir l'ordre naturel des choses. Cette naturalisation de la dépendance, selon lui, empêche toute remise en question et bloque les transformations nécessaires pour faire face aux défis contemporains.

Une dépendance devenue invisible

Pisani-Ferry souligne que cette dépendance s'est installée progressivement, au point de devenir invisible. Nous ne la percevons plus comme une construction sociale ou économique, mais comme une donnée immuable. Cette illusion d'ordre naturel est particulièrement dangereuse dans le contexte de la transition écologique, où elle freine l'adoption de politiques ambitieuses. L'économiste rappelle que la dépendance aux énergies fossiles, par exemple, a été présentée pendant des décennies comme une fatalité, alors qu'elle résultait de choix politiques et industriels.

Les conséquences de cette naturalisation

Cette naturalisation de la dépendance a des conséquences concrètes. Elle conduit à une forme de résignation collective, où les citoyens comme les décideurs acceptent des situations pourtant modifiables. Pisani-Ferry cite l'exemple de la dépendance alimentaire de nombreux pays, qui les rend vulnérables aux chocs extérieurs. Il note que cette dépendance est souvent présentée comme le résultat de lois économiques incontournables, alors qu'elle découle de choix de politique agricole et commerciale.

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Un appel à la lucidité et à l'action

Pour l'économiste, il est urgent de dénaturaliser ces dépendances. Cela passe par un effort de lucidité collective et par la mise en place de politiques volontaristes. Il appelle à un réveil des consciences : "Nous devons reconnaître que notre dépendance n'est pas une fatalité, mais le produit de décisions humaines. Et comme telle, elle peut être remise en cause." Cette prise de conscience est le premier pas vers une réappropriation de notre destin collectif.

Un message qui résonne dans le débat public

La tribune de Jean Pisani-Ferry intervient dans un contexte de vifs débats sur la souveraineté économique et la transition écologique. Elle apporte une grille de lecture originale, en insistant sur la dimension psychologique et culturelle de nos blocages. Son analyse rejoint les préoccupations de nombreux économistes et citoyens qui appellent à une refonte de nos modèles de développement.

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