Le parquet européen a annoncé mardi mener des perquisitions en France et dans d'autres pays européens dans le cadre d'une enquête pour détournement de fonds européens visant l'ancien groupe politique Identité et démocratie (ID) au Parlement européen, où siégeait le Rassemblement national (RN).
Une enquête sur la période 2019-2024
Selon le parquet européen, les investigations portent sur l'usage de fonds européens par ce groupe entre 2019 et 2024. Les perquisitions sont en cours simultanément dans plusieurs États membres. Le Monde a révélé l'information, confirmée par le parquet.
Le groupe ID, qui réunissait des partis d'extrême droite européens, a été dissous en juillet 2024 après les élections européennes. Le Rassemblement national en était un membre clé. Les soupçons portent sur des emplois fictifs ou des détournements de subventions.
Des ramifications multiples
Les enquêteurs cherchent à établir si des assistants parlementaires ont été rémunérés avec des fonds européens pour des tâches liées aux partis nationaux plutôt qu'au travail européen. Cette affaire rappelle les précédentes investigations sur le RN, notamment l'affaire des assistants parlementaires du Front national.
Le parquet européen, basé à Luxembourg, a compétence pour enquêter sur les fraudes touchant le budget de l'UE. Il a ouvert cette enquête après des signalements de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF).
Réactions politiques
Le Rassemblement national n'a pas encore commenté ces perquisitions. Le parti de Marine Le Pen a déjà été condamné par le passé pour des irrégularités financières. Cette nouvelle enquête pourrait fragiliser sa crédibilité avant les prochaines échéances électorales.
Les eurodéputés concernés risquent des poursuites pour détournement de fonds publics, abus de confiance et faux. Les peines peuvent aller jusqu'à dix ans de prison et des amendes substantielles.



