La reine des berceaux Sophie la Girafe a pris un coup sur la tête. Une usine du fabricant du célèbre jouet qu'affectionnent tout autant les bébés que leurs parents nostalgiques a été perquisitionnée jeudi en Haute-Savoie. Cette perquisition dans l'usine de Rumilly du groupe Vulli, spécialisé dans les jouets pour bébé et la puériculture, s'est déroulée dans le cadre d'une enquête pour « tromperie » ouverte depuis que le groupe est accusé de produire le célèbre jouet en Chine, en l'estampillant made in France, a annoncé le parquet d'Annecy, confirmant une information du Dauphiné Libéré.
Une icône française menacée
La popularité de Sophie la Girafe, créée en France en 1961, a largement dépassé ses frontières. L'animal en latex d'hévéa naturel permet à des millions de bébés dans le monde de perfectionner leur préhension fine mais est aussi conçu pour calmer leurs poussées dentaires. Or, depuis une enquête de Mediapart début mai, Vulli est accusé de produire le jouet en Chine tout en perpétuant sa réputation de made in France. La Répression des Fraudes (DGCCRF) a depuis ouvert une enquête. Jointe par l'AFP début mai, l'administration avait indiqué ne pas pouvoir commenter la procédure en cours.
Les explications du patron
Le patron de Vulli, Alain Thirion, avait alors confirmé à l'AFP que son entreprise faisait l'objet d'une enquête et reconnu la fabrication du jouet en Chine, une « situation temporaire » plaidait-il. Et cela, selon lui, à cause de difficultés dans les cadences de la nouvelle usine de Saint-Nabord, dans les Vosges : « Vulli fait fabriquer ses […] girafes "nues" en Chine », mais elles sont « toutes terminées et surtout contrôlées une par une en France », assurait-il. Et d'expliquer aussi que le jouet était fabriqué en Chine « pour partie » depuis une trentaine d'années mais que la demande avait fait s'accumuler les retards « depuis quelques années » parce que l'usine de Saint-Nabord n'était pas finalisée et que Vulli avait dû faire appel à des sous-traitants chinois pour fabriquer « la totalité » de certaines girafes.
Les révélations de Mediapart
Or, Mediapart affirmait que la fabrication du jouet a été massivement sous-traitée en Asie « au moins depuis 2013 », plusieurs années avant la mise en route de Saint-Nabord. Et que les exemplaires de Sophie la Girafe continuent d'arriver par conteneurs entiers en France, entièrement finis, pour y être conditionnés dans des emballages valorisant une origine française. « Nous sommes en discussion avec la DGCCRF » sur ce que recoupe l'appellation « made in France », expliquait Alain Thirion à l'AFP début mai.
Des sanctions possibles
Alléguer une fausse origine française sur un produit peut caractériser une pratique commerciale trompeuse, passible d'une sanction pénale pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires. L'enquête en cours déterminera si Vulli a enfreint la loi.



