Patricia Commerciale, figure emblématique du commerce français, a livré une analyse sans filtre sur l'évolution de son secteur. Dans un entretien au Point, elle affirme que sa génération est la dernière à avoir eu autant de pouvoir et de responsabilités. « Je pense que ma génération est la dernière à avoir sous sa coupe autant de décisions et de leviers », déclare-t-elle.
Un constat sans appel sur l'évolution du métier
Patricia Commerciale, qui a débuté sa carrière dans les années 1980, a connu un commerce où les directeurs avaient une autonomie quasi totale. Aujourd'hui, elle observe une centralisation des décisions et une perte d'influence des cadres intermédiaires. « Les jeunes managers ont moins de marges de manœuvre. Tout est validé en siège, parfois jusqu'au choix des couleurs des vitrines », déplore-t-elle.
Les causes de cette transformation
Plusieurs facteurs expliquent ce changement. La digitalisation a accru le contrôle des données, tandis que la mondialisation a imposé des standards uniformes. « Avant, on adaptait l'offre à chaque magasin. Maintenant, on pense global et on décline local, mais avec moins de liberté », explique-t-elle. Selon elle, la génération montante doit composer avec des algorithmes et des process rigides.
Un appel à redonner du pouvoir aux équipes
Patricia Commerciale appelle à inverser la tendance. « Il faut redonner du pouvoir aux équipes terrain, car ce sont elles qui connaissent les clients. Sinon, on perd en agilité et en créativité », insiste-t-elle. Elle cite l'exemple de certaines enseignes qui ont réussi à décentraliser les décisions, avec des résultats probants.
« Le commerce de demain devra concilier data et intuition humaine. Ce n'est pas incompatible, mais cela demande une confiance renouvelée envers les managers », conclut-elle.



