Paris : parents dénoncent « victimisation secondaire » après relaxe d’un animateur
Périscolaire à Paris : parents dénoncent une victimisation secondaire

Relaxe d’un animateur et colère des parents

Le 9 juillet 2026, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé un animateur périscolaire de 34 ans, poursuivi pour violences volontaires sur trois enfants âgés de 5 à 7 ans, dans une école du 13e arrondissement. Les faits, datant de septembre 2024, avaient été signalés par des parents après que leurs enfants avaient présenté des hématomes et des récits de gestes brusques. L’animateur, qui a toujours nié les faits, a bénéficié de la relaxe faute de preuves suffisantes, selon le tribunal.

Cette décision a suscité une vive réaction de la part des familles concernées, qui dénoncent un système judiciaire et institutionnel qui « victimise une seconde fois » les enfants et leurs parents. « On nous a dit que nos enfants mentaient, qu’ils exagéraient, puis que nous étions des parents procéduriers », témoigne une mère, sous couvert d’anonymat.

Une « victimisation secondaire » dénoncée

Les parents, soutenus par l’association « Stop VEO » (Stop aux Violences Éducatives Ordinaires), ont organisé un rassemblement le 10 juillet devant la mairie du 13e arrondissement. Ils réclament une meilleure prise en charge des signalements et une réforme du traitement judiciaire des violences périscolaires. « Le message envoyé est terrible : même quand des enfants parlent, on ne les croit pas », a déclaré la présidente de l’association, Marie Dupont.

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Selon une étude de l’Observatoire des violences éducatives, 12 % des signalements pour violences en milieu périscolaire aboutissent à une condamnation en France. « Ce chiffre montre un décalage entre la réalité des violences et la réponse judiciaire », commente la sociologue Claire Martin, spécialiste des questions de protection de l’enfance.

La mairie de Paris interpellée

Les parents reprochent également à la mairie de Paris de ne pas avoir pris de mesures conservatoires dès le signalement. L’animateur, bien qu’écarté provisoirement pendant l’enquête, a été réintégré après sa relaxe. « La mairie doit garantir la sécurité des enfants, pas attendre un jugement », insiste un père de famille.

Interrogée, la mairie de Paris a indiqué par communiqué qu’elle « respecte la décision de justice » mais qu’elle va « renforcer les procédures de contrôle et de formation des animateurs périscolaires ». Elle annonce également la mise en place d’une cellule d’écoute psychologique pour les enfants et les parents concernés.

Des précédents inquiétants

Ce n’est pas la première fois que des affaires de violences périscolaires à Paris suscitent la controverse. En 2023, une animatrice avait été condamnée à six mois de prison avec sursis pour avoir frappé un enfant de 4 ans. Mais les relaxes restent fréquentes : sur cinq affaires portées devant le tribunal correctionnel de Paris entre 2022 et 2025, trois se sont soldées par une relaxe, selon les chiffres du parquet.

« Le problème est structurel : les témoignages d’enfants sont souvent jugés peu fiables, et les preuves matérielles sont rares », explique Me Sophie Legrand, avocate de deux familles. Elle ajoute : « Il faudrait former les magistrats à recueillir la parole de l’enfant et à prendre en compte les traumatismes. »

Vers une évolution des pratiques ?

Face à la mobilisation, la mairie de Paris a promis de revoir son protocole de signalement des violences. Une réunion est prévue le 15 juillet avec les associations de parents et les services de l’Éducation nationale. Les parents espèrent que cette affaire servira de « électrochoc » pour que la parole des enfants soit mieux écoutée.

« Nous ne lâcherons rien », conclut une mère, les larmes aux yeux. « Nos enfants ne sont pas des menteurs. Ils ont été victimes une première fois, mais on ne les laissera pas être broyés une seconde fois. »

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