Dominique Bona : « Je suis agnostique mais heureuse d'avoir reçu une éducation chrétienne »
Dominique Bona : agnostique et heureuse de son éducation chrétienne

Dans un entretien accordé au Point, l'écrivaine et académicienne Dominique Bona revient sur son rapport à la foi et à l'éducation chrétienne qu'elle a reçue. « Je suis agnostique, mais heureuse d'avoir reçu une éducation chrétienne », confie-t-elle, expliquant que cette éducation lui a donné des repères moraux et culturels solides.

Une éducation chrétienne comme fondement

Dominique Bona, née en 1953, a grandi dans une famille catholique pratiquante. Elle raconte avoir été marquée par les rituels et les valeurs transmises, même si elle ne croit plus en Dieu aujourd'hui. « Cela m'a appris le sens du sacré, le respect des autres, et une certaine discipline de vie », précise-t-elle. Selon elle, cette éducation a influencé son écriture et sa vision du monde.

L'agnosticisme comme position personnelle

L'écrivaine, qui a reçu le prix Renaudot en 1998 pour Le Manuscrit de Port-Ébène, se définit comme agnostique, c'est-à-dire qu'elle estime que l'existence de Dieu est inaccessible à l'esprit humain. « Je ne peux pas affirmer qu'il y a quelque chose, mais je ne peux pas non plus affirmer le contraire », explique-t-elle. Elle ajoute que cette position lui permet de rester ouverte et tolérante.

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La foi dans la littérature

Dominique Bona évoque également la place de la spiritualité dans son travail d'écrivaine. « La littérature est un lieu où l'on peut explorer les questions existentielles sans avoir à y répondre définitivement », dit-elle. Plusieurs de ses romans abordent des thèmes religieux ou mystiques, comme Les Heures volées (2019), qui évoque le destin d'une famille juive pendant la guerre.

Un héritage culturel précieux

Pour elle, l'éducation chrétienne est avant tout un héritage culturel. « Même sans la foi, on peut apprécier la beauté des églises, la richesse de la liturgie, la profondeur des textes bibliques », souligne-t-elle. Elle regrette que cet héritage soit parfois négligé dans l'éducation contemporaine. « Il faut connaître ses racines pour comprendre notre société », insiste-t-elle.

Dominique Bona, élue à l'Académie française en 2013, poursuit son œuvre littéraire tout en participant à des débats sur la culture et la société. Son témoignage rejoint celui de nombreux intellectuels qui, sans être croyants, reconnaissent l'importance du fait religieux dans la construction de l'identité occidentale.

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