La sénatrice de Polynésie française Lana Tetuanui (groupe Union centriste) a interpellé le gouvernement ce mercredi 8 juillet 2026, lors de la séance de questions au gouvernement, pour exiger une enquête parlementaire sur les disparitions de deux jeunes militaires originaires d'Outre-mer dans le Var. Mike Gineste, légionnaire polynésien, et Jacques Pakeso, ancien élève de l'École des matelots de Saint-Mandrier originaire de Nouvelle-Calédonie, n'ont plus donné signe de vie depuis 2022 et 2023 respectivement.
Des familles en attente de réponses
Les proches des deux hommes sont suspendus aux résultats d'expertises après la découverte d'ossements dans les Bouches-du-Rhône. Selon Var-Matin, une enquête criminelle a conduit, le 29 mai 2026, à la mise en examen de plusieurs membres d'une famille d'origine océanienne domiciliée à Toulon, après avoir vécu à Fréjus. Cette famille est soupçonnée d'avoir également siphonné les économies d'un homme retrouvé mort à Fréjus.
« Une affaire qui scandalise toute la communauté du Pacifique », a déclaré Lana Tetuanui. « Il faudra dire merci à la presse d'avoir relayé ce problème », a-t-elle ajouté, saluant le travail des journalistes.
Le statut de déserteur remis en cause
La sénatrice a dénoncé le classement sans suite de plaintes et la qualification de « déserteur » attribuée à Mike Gineste par sa hiérarchie. « Des dépôts de plaintes classés sans suite, des jeunes militaires classés “déserteurs” par leur hiérarchie, c'est inimaginable. Monsieur le Premier ministre, au-delà de l'aspect judiciaire et par respect pour les familles qui attendent des réponses, ne pensez-vous pas qu'il y a là un problème ? Est-ce que des moyens ont été mis en œuvre pour les retrouver ? » a-t-elle interrogé.
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a répondu en annonçant que la décision de résiliation du contrat de Mike Gineste pour motif disciplinaire serait retirée, entraînant une reconstitution de sa situation militaire. « Il est clair que les familles n'ont pas à supporter, en plus de leur douleur personnelle, des décisions ou des arbitrages administratifs qui ne correspondraient pas à la réalité de ces situations », a-t-elle affirmé.
Un accompagnement promis par les armées
Concernant Jacques Pakeso, qui n'avait pas été déclaré déserteur car il avait quitté sa formation avant sa disparition, la ministre a précisé que les chefs d'état-major de l'armée de Terre et de la Marine allaient adresser aux familles un témoignage de soutien et leur proposer des dispositifs d'accompagnement.
Lana Tetuanui, candidate à sa réélection lors des élections sénatoriales de septembre, a conclu : « Je compte bien [si je reviens au mois d'octobre] demander une commission d'enquête parlementaire sur des affaires aussi graves au sein de nos armées ». Les travaux du Sénat reprendront à l'automne.



