En Italie, certaines banques accordent des prêts aux agriculteurs en échange de leurs jeunes meules de parmigiano reggiano, qui servent de garantie. Mais la canicule qui sévit dans le nord du pays, d'où est issu le parmesan, transforme la conservation de ces fromages en un véritable casse-tête pour les établissements bancaires concernés, rapporte Le Figaro.
Un système de prêt unique au monde
Ce mécanisme, qui permet aux producteurs de percevoir directement entre 60 % et 80 % de la valeur de chaque meule, serait le « seul cas au monde », selon le journal italien Quotidiano Nazionale. Les banques stockent les fromages dans des entrepôts climatisés, mais les températures extrêmes de cet été mettent à rude épreuve les installations et les finances des prêteurs.
Au-delà de l'aspect financier, toute la filière du parmesan est en difficulté. Les vaches produisent 10 % de lait en moins par ces temps de vagues de chaleur, ce qui réduit la quantité de fromage pouvant être fabriquée et affecte directement les revenus des agriculteurs et des banques.
Un enjeu économique majeur
La valeur générée par les ventes de parmesan labellisé aux consommateurs, sur le marché italien et à l'export en 2025, représentait 3,96 milliards d'euros, selon le Consortium du parmigiano reggiano. À titre d'exemple, la banque Credem voit une de ses filiales prendre soin de plus de 500 000 fromages, d'une valeur excédant les 300 millions d'euros.
À l'échelle locale, la filière du parmesan génère des milliers d'emplois, de l'élevage à l'affinage, en passant par la distribution. La canicule menace donc non seulement les banques, mais aussi l'ensemble d'un secteur économique vital pour le nord de l'Italie.
Des perspectives incertaines
Ce système de prêt contre du fromage, original et unique, pourrait « fondre à l'avenir comme fromage au soleil », selon les observateurs. Les banques devront peut-être revoir leurs conditions de prêt ou investir dans des solutions de stockage plus résistantes à la chaleur.
Pour l'heure, les producteurs et les banques tentent de s'adapter, mais les vagues de chaleur récurrentes laissent planer le doute sur la pérennité de ce mécanisme financier atypique.



