Cléopâtre gagne du terrain au Parc Astérix. Cette année, le parc a de nouveau agrandi sa zone égyptienne, très prisée par le public. Pour l'occasion, deux attractions existantes ont été rethématisées : les fameuses chaises volantes, qu'il faudra désormais appeler L'Envol d'Ibis, et L'Oxygénarium, une descente en bouées renommée La Descente du Nil. Les plus gourmands peuvent aussi compter sur Les Comptoirs d'Épidemaïs, feu Le Restaurant du Cirque, qui propose un buffet à volonté inspiré des voyages du marchand phénicien.
Ces nouveautés font partie d'un nouveau plan de développement soutenu par un investissement de 250 millions d'euros avec, en point d'orgue, la construction pour 2028 d'une zone inédite inspirée d'Astérix chez les Bretons. Le complexe des Hauts-de-France, qui a signé un record de fréquentation l'an dernier avec 2,9 millions de visiteurs, espère un jour intégrer le top 5 des parcs d'attractions les plus visités d'Europe. Il n'occupe, pour le moment, « que » la huitième place. Mais si Albert Uderzo et René Goscinny nous ont appris quelque chose, c'est que les Gaulois ont un appétit particulièrement féroce. Ce n'est pas Delphine Pons, directrice générale du parc, qui le dira le contraire.
Le choix de l'Égypte
Delphine Pons, directrice générale du Parc Astérix depuis 2021, explique pourquoi le parc a décidé d'étendre la zone égyptienne. « Il nous a semblé que l'Égypte méritait plus de place. C'est un univers qui parle beaucoup à notre public. Je pense à l'album Astérix et Cléopâtre et au film Mission Cléopâtre, qui avait fait pas mal de bruit. On avait déjà commencé, en 2024, à donner un peu plus de corps à cette zone, avec l'ouverture du restaurant P'OZ Kebab et l'attraction La Tour de Numérobis. »
C'est aussi un moyen de faire revenir les connaisseurs du parc. « Au Parc Astérix, nous avons un peu plus d'un tiers de nouveaux visiteurs, les primo visiteurs, et un peu moins de deux tiers de revisiteurs, que nous appelons multivisiteurs. La nouveauté est un bon levier pour inciter à la revisite. »
Records de fréquentation
Le Parc Astérix enchaîne les records de fréquentation : 2,8 millions de visiteurs en 2024, 2,9 millions en 2025. Ces chiffres sont conformes aux objectifs. « Il y a 10 ans, le Parc Astérix attirait 1,8 million de visiteurs… Le cap des 3 millions nous ferait bien plaisir ! Cette hausse de la fréquentation, nous la devons aussi à la construction de nos hôtels thématiques. »
Un quatrième hôtel en 2027
Un quatrième hôtel, inspiré des voyages orientaux d'Astérix, est prévu pour 2027. Il devrait presque doubler la capacité hôtelière des trois précédents établissements. « Aujourd'hui, nous disposons de 450 chambres, auxquelles il faudra ajouter les 300 chambres du futur hôtel, dont l'ouverture est prévue au printemps 2027. Pendant les vacances scolaires, nous sommes quasiment complets. Et sur les périodes hors vacances scolaires, les taux de remplissage augmentent d'année en année. Donc il fallait construire un nouvel hôtel. D'ailleurs, nous ne comptons pas en rester là. Proportionnellement, nous avons de plus en plus de séjours comparés aux visites à la journée, même si elles restent aujourd'hui majoritaires. Nous avons également constaté une progression de la proportion de touristes étrangers. Cela fait aussi partie de nos objectifs : aller chercher une clientèle plus lointaine. »
Londinium : une zone indoor pour 2028
Le plan de développement inclut aussi l'extension, pour 2027, de la zone grecque, avec l'ajout de deux petites attractions familiales, et surtout, en 2028, la création de Londinium, une zone inspirée de l'album Astérix chez les Bretons. Pourquoi ce thème ? « Cela nous a paru assez évident. C'est un album très drôle. De façon globale, l'Angleterre possède des codes, des symboles immédiatement reconnaissables, comme l'architecture, les monuments de Londres, les bus à deux étages. Et puis d'un point de vue culturel, entre le rock, James Bond, Harry Potter, la jelly et l'humour anglais… On s'est dit qu'il y avait forcément quelque chose à faire, tout en restant dans l'ADN d'Albert Uderzo et de René Goscinny. »
Contrairement au reste du parc, cette zone sera presque entièrement indoor, à l'abri des intempéries. « Non, ce n'est pas notre ambition (d'ouvrir toute l'année). Vous l'avez vu les années précédentes, le calendrier d'ouverture a déjà été allongé. Mais les périodes de fermeture, d'hivernage, nous permettent d'effectuer nos opérations de maintenance. Pour répondre à votre question, oui, nous allons continuer à allonger le calendrier d'ouverture, sans pour autant rester ouverts tous les jours de l'année. »
Londinium comportera un parcours interactif dans lequel les visiteurs devront viser et tirer sur des cibles, ainsi qu'une montagne russe scénique. « Ce qui sera particulier avec Londinium, c'est qu'elle sera indoor, ce qui nous permettra de maîtriser beaucoup mieux la lumière. Quant à la montagne russe, il s'agira d'un roller coaster à sensation, mais avec des moments plus calmes. Les visiteurs prendront place dans des véhicules à 12 places, dont nous maîtriserons à la fois la vitesse et la rotation. L'idée sera de les faire entrer dans une histoire dont ils seront les acteurs. »
Attirer les touristes étrangers
Avec Londinium, le parc espère attirer davantage d'étrangers, notamment des Britanniques. « Parmi nos visiteurs étrangers, les nationalités les plus représentées sont les Belges, les Néerlandais et les Anglais. Ce clin d'œil est susceptible d'attirer davantage de clients anglais. Nous communiquerons auprès d'eux lors de l'ouverture de Londinium. »
Un foncier limité
Londinium est actuellement en construction sur l'ancien emplacement de la zone Rues de Paris, qui n'avait aucun lien avec l'univers du parc. « Oui, ces deux zones n'étaient pas très bien comprises par nos visiteurs. Donc nous les déconstruisons. Sur les 160 hectares du foncier, il y a environ 65 hectares de zone Natura 2000, que le parc contribue à protéger. La partie constructible se résume à 97 hectares. Aujourd'hui, le parc est quasiment construit en intégralité. Il nous reste 10 hectares à construire dans le plan de développement. Mais nous pouvons densifier et optimiser, par exemple, une grosse zone de parking. »
Un secteur dynamique
Le Parc Astérix n'est pas le seul à investir massivement. Disneyland Paris poursuit un plan de 2 milliards d'euros. « Ce secteur propose du loisir réel, des moments de convivialité et une sortie du monde du quotidien et des écrans. Cela correspond avec ce que souhaite le public français et européen. Et puis c'est un secteur dynamique. Les parcs déploient des efforts en matière de recherche et d'innovation. »
Interrogée sur l'ouverture en 2031 du parc Universal Studios près de Londres, Delphine Pons répond : « Ça nous intéresse. On est passionné par ce secteur. Ça ne nous inquiète pas tant que ça parce que ce type d'acteurs peut contribuer à créer un nouveau marché. Le parc Astérix a ouvert trois ans avant Disneyland Paris. Au départ, je pense que ça a été une inquiétude, mais l'apparition de Disney en Europe a plutôt contribué à développer le marché de la clientèle des parcs de loisirs. »



