En Corée du Sud, le paiement par reconnaissance faciale séduit déjà 4,8 millions d'habitants. Grâce à l'application Toss, les clients peuvent régler leurs achats en un clin d'œil dans quelque 330 000 points de vente, principalement des cafés, restaurants et supérettes. Lancé il y a six mois, le service FacePay prélève automatiquement le montant dû sur le compte de l'utilisateur après identification par scanner facial.
Un succès fulgurant
L'application Toss, utilisée par deux tiers des 51 millions de Sud-Coréens, vise 10 millions d'utilisateurs de FacePay d'ici fin 2026 et un million de points de vente. Pour y souscrire, l'utilisateur doit s'inscrire sur l'application et fournir une pièce d'identité officielle.
Un terrain favorable
La Corée du Sud est l'un des pays les plus « sans espèces » au monde. Les paiements par carte ou smartphone y sont déjà majoritaires. De plus, la biométrie est courante : la reconnaissance faciale est utilisée dans les aéroports pour l'immigration et pour accéder à certains lieux. Les consommateurs sud-coréens sont moins sensibles aux questions de confidentialité que leurs homologues occidentaux, ce qui facilite l'adoption de cette technologie.
Des concurrents émergent
Face au succès de FacePay, des concurrents comme Naver apparaissent. Naver estime que les barrières tomberont à mesure que les gens se familiariseront avec la technologie. Toss stocke les données faciales et personnelles séparément sous forme cryptée, avec le consentement de l'utilisateur. Le service a été approuvé par les autorités sud-coréennes en 2024.
Et en Europe ?
Toss envisage un déploiement à l'étranger après la Corée du Sud. Cependant, en Europe, le chemin est long. Les consommateurs sont plus prudents sur l'utilisation de leurs données personnelles, et le RGPD, adopté en 2018, impose des règles strictes. La France, en particulier, pourrait être réticente à adopter une telle technologie, du moins à court terme.



