Oddo alerte : les Allemands ne paieront pas la dette des Français
Oddo : les Allemands ne paieront pas la dette française

De passage sur la Côte d'Azur pour l'inauguration d'un nouveau bureau, Philippe Oddo, président du directoire de la banque franco-allemande Oddo BHF, a livré une analyse sans concession de la situation budgétaire française et des relations entre la France et l'Allemagne.

Une réussite franco-allemande rare

Oddo BHF est né du rachat de la banque allemande BHF par le groupe français Oddo & Cie il y a dix ans. L'aventure, commencée à Marseille avec une agence de change il y a 175 ans, se poursuit à l'international. Le groupe a créé une plateforme informatique unique réunissant 600 collaborateurs en Tunisie et a racheté une banque suisse. Depuis début 2026, un bureau à Nice propose ses services de gestion d'actifs et de patrimoine aux clients du Var et des Alpes-Maritimes.

Pourquoi est-il si compliqué de faire travailler Français et Allemands ensemble ?

Philippe Oddo souligne l'importance d'encourager les Français à apprendre l'allemand et à se rendre en Allemagne. « Les Français et les Allemands sont beaucoup plus proches qu'on ne l'imagine », affirme-t-il. Il identifie une différence majeure : le rapport au stress. « Les Allemands n'aiment pas le stress. Ils aiment les choses bien faites. Pour ne pas être stressés, ils arrivent en avance, ils aiment connaître leurs responsabilités et prévoient tout à l'avance. Quand on dit 'on y va', ils mettent en œuvre le projet. Si vous les mettez sous stress, ils s'arrêtent de travailler. » À l'inverse, « les Français adorent le stress, il y a un côté d'émulation ». Selon lui, chacun doit connaître ces différences culturelles, les respecter et en rire. « L'avenir de l'Europe passe par cette relation. »

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L'Allemagne, homme malade de l'Europe ?

Interrogé sur la santé économique allemande, Philippe Oddo compare les chiffres : le PIB allemand est de 4 400 milliards d'euros contre 2 900 pour la France. L'Allemagne affiche un excédent commercial d'environ 200 milliards, tandis que la France est en déficit. « Sur le plan dette et chômage, la situation allemande est très saine », note-t-il. Les défis allemands incluent l'énergie (sortie du nucléaire, arrêt du gaz russe) et l'automobile (concurrence chinoise, électrification).

La France, homme malade de l'Europe ?

« Les Allemands adorent la France et ont beaucoup de respect pour les Français, mais la France les inquiète », déclare Philippe Oddo. Le niveau d'endettement français préoccupe nos partenaires. « Ils ont besoin d'un partenaire fort. La France a sa défense nationale et le nucléaire, ce qui est très important. Nous avons des industries puissantes (Airbus), nous sommes forts dans l'électricité, le tourisme, et nos infrastructures (autoroutes, ferroviaire) sont meilleures qu'en Allemagne. Notre problème, c'est notre endettement. Et il n'y a aucune raison que les Allemands payent la dette des Français. »

Les forces de l'Europe dans la compétition mondiale

Pour Philippe Oddo, « l'Europe n'a jamais été aussi attractive ». Il énumère les atouts : une grande population, un vaste marché, un PIB élevé, une épargne importante, un niveau d'éducation élevé, et une zone démocratique. « L'Europe est admirée dans le monde comme une zone de liberté, de formation, de sécurité et de solidarité. » Il souligne que de nombreux investisseurs, compte tenu du double déficit américain, cherchent à se diversifier et que l'euro, avec une banque centrale indépendante, est la vraie alternative au dollar. « L'Allemagne et les Pays-Bas sont classés AAA. »

Cependant, il appelle à des stratégies : « Nous avons besoin de moins de régulation, moins de dépenses, mais plus de stratégies pour l'industrie et l'innovation. »

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