Une nouvelle surtaxe de 10% entre en vigueur aux États-Unis
Au port de Los Angeles en Californie, le 20 février 2026, un nouveau chapitre s'ouvre dans la politique commerciale américaine. Un taux de 10% appliqué sur les produits importés aux États-Unis est entré en vigueur ce mardi 24 février, comme l'avait annoncé le président Donald Trump. Cette décision fait suite au camouflet infligé par la Cour suprême, qui a déclaré illégale sa première mesure de droits de douane dits « réciproques ».
Le contexte juridique et les exceptions
Le décret présidentiel signé le jour même de l'annonce de la décision de la plus haute juridiction du pays vise à remplacer les droits de douane indiscriminés existants jusqu'ici. Il s'applique également aux accords commerciaux signés avec la plupart des gros partenaires de Washington. Cependant, cette nouvelle surtaxe ne remplace pas les droits de douane sectoriels, allant de 10% à 50%, sur des secteurs comme le cuivre, l'automobile ou le bois de construction, qui n'étaient pas concernés par l'invalidation de la Cour suprême.
De plus, elle ne s'applique pas aux produits canadiens et mexicains importés dans le cadre du traité nord-américain de libre-échange (Aceum). Les services douaniers ont confirmé que la collecte des droits retoqués cessera à minuit heure de Washington, au moment de l'entrée en vigueur de la nouvelle surtaxe de 10%.
Base légale et implications économiques
Pour ce nouveau taux, Donald Trump s'appuie sur une loi de 1974 lui permettant de rééquilibrer les échanges en cas de déséquilibre marqué de la balance des paiements. Selon le Budget Lab de l'Université Yale, ces droits devraient porter le taux effectif moyen à 13,7%, contre 16% auparavant. Toutefois, après 150 jours, le gouvernement devra obtenir un vote du Congrès pour maintenir ces mesures sur la durée.
Samedi, le président américain a évoqué la possibilité d'augmenter les droits à 15%, qualifiant la décision de la Cour suprême de « ridicule » et « anti-américaine ». Le décret actuel court jusqu'au 24 juillet, à quelques mois des élections de mi-mandat de novembre, qui pourraient voir les démocrates reprendre le contrôle de la Chambre des représentants.
Impact financier et réactions
Les droits de douane invalidés par la Cour suprême s'appuyaient sur un texte de 1977 autorisant l'exécutif à agir sans aval du Congrès en cas d'urgence économique, non démontrée selon les magistrats. Ces droits avaient dépassé 130 milliards de dollars en 2025, ouvrant la voie à des remboursements pour les entreprises. FedEx a déjà porté plainte contre le gouvernement.
Annoncés en avril, ces droits visaient les pays avec lesquels les États-Unis affichaient un déficit commercial, servant aussi de base de négociations pour de nouveaux accords. L'objectif était de fournir des ressources à l'État fédéral et de rééquilibrer les échanges, avec des exceptions pour certains produits non produits localement.



