Ce mardi, la DNCG (direction nationale du contrôle de gestion) a décidé d'exclure l'équipe première de Nîmes Olympique des compétitions nationales. En péril, le club croco va faire appel.
Le 23 mai 2021, Nîmes Olympique était exclu sportivement de la Ligue 1 trois saisons après l'avoir retrouvée, après une dernière défaite à Rennes (0-2). Le 24 juin 2025, à peine quatre ans plus tard, le club croco a été exclu administrativement de toute compétition nationale du football français. Ainsi en a décidé la DNCG après l'audition de la délégation gardoise, ce mardi à Paris. La chute est sans fin, vertigineuse, abyssale. Irréelle.
Du sursis à la sanction
La nouvelle, bien réelle, elle, est tombée vers 18 heures, alors que l'on était au téléphone avec Yannick Liron, le président de l'Association, la section amateur de NO, qui rentrait en train de la capitale. L'homme qui fait tout pour sauver le club, son club, le club des Nîmois, des Gardois et de quelques autres, depuis qu'il sait que Rani Assaf, le président de la SASP (société anonyme sportive professionnelle, section pro), va lâcher définitivement l'affaire. C'était il y a une dizaine de jours. La course contre la montre était lancée. Il revenait donc à l'Association de se substituer à la SASP et de présenter un budget cohérent pour jouer en National 2 en 2025-2026. Mardi 17, à l'issue d'une première audition des dirigeants nîmois, la DNCG fédérale avait prononcé un sursis à statuer à l'encontre de NO. La seconde audition a eu lieu ce mardi 24.
Budget de 2,8 M€ retoqué
Alors que Rani Assaf s'est connecté en visio, Yannick Liron, Olivier Martin (avocat de l'Association, spécialiste en droit du sport), Franck Proust, premier adjoint au maire de Nîmes et président de la communauté d'agglomération Nîmes Métropole, ainsi que Laurent Desoli, expert-comptable du club, se sont présentés devant le gendarme du foot français avec quelques arguments financiers. Et un budget prévisionnel de 2,8 M€, dont 1,35 M€ promis par les collectivités et 500 000 € par les partenaires privés, très cohérent pour du National 2. Au passage, la Ville prenait en charge la location et la maintenance du stade provisoire des Antonins (propriété de M. Assaf) et du centre d'entraînement de la Bastide (propriété de la SASP). J'ai assisté d'autres clubs devant la DNCG, on avait moins de recettes garanties et on était passé, confiait Liron, expert-comptable de profession.
Du jamais vu
Là, ça n'est pas passé. Pourquoi ? Parce que la situation est très complexe, c'est du jamais vu, nous confie un proche du dossier. On est en présence d'une société – la SASP dont l'actionnaire ultra majoritaire est Rani Assaf – qui n'est pas en dépôt de bilan (il y a encore 4 M€ sur les comptes) et qui ne réengage pas son équipe. C'est la première fois qu'un club qui peut continuer financièrement ne veut pas repartir ! Et qu'une association doit se substituer à une société. La DNCG a ainsi consulté le service juridique de la Fédération avant de statuer.
Jouer avec Bordeaux en N2
Si l'on en reste là, Nîmes serait donc rétrogradé au niveau régional, c'est-à-dire en R1, où évolue actuellement son équipe réserve. Mais dans la capitale gardoise, personne ne veut en rester là. Le club va faire appel de la sanction. Il a 15 jours pour trouver de nouvelles solutions. On reste en ordre de bataille, on continue à se battre, assurent de concert les dirigeants. On garde la tête froide. On va tenter à la fois de répondre à une situation juridique inédite et conforter le budgétaire (la DNCG aurait tiqué sur les recettes de billetterie, avec 3 000 spectateurs de moyenne prévus), en trouvant de nouvelles garanties. Il est hors de question que Nîmes Olympique joue en Régional 1 la saison prochaine. Pour ne pas rejoindre au cimetière du ballon rond les Niort, Tours, Sedan ou le Gazelec Ajaccio. Aujourd'hui, NO en est juste à vouloir rester avec Bordeaux (maintenu avec encadrement de la masse salariale) en N2. C'est dire l'ampleur du désastre.



