Ce jeudi 16 octobre, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la préfecture du Gard à Nîmes pour soutenir les salariés de la Verrerie du Languedoc, dont la fermeture définitive a été annoncée au printemps. Parmi eux, Lucile, 33 ans, venue avec sa fille Jade, 8 ans. « Je suis plus que jamais combative », déclare cette femme et fille de salariés de l’usine.
Un plan social sous tension
La mobilisation intervient à 48 heures de l’issue des négociations du plan social avec Owens Illinois, le propriétaire américain. Les salariés dénoncent la destruction de l’outil de travail, notamment le four, percé alors que les discussions sont toujours en cours. « Apprendre la destruction de son outil de travail, c’est très dur », confie Yvon Pallier, délégué FO.
Des droits syndicaux bafoués
Les syndicats dénoncent des pratiques abusives : le délégué syndical central a été sommé d’organiser l’arrêt du four dans des délais intenables, alors qu’il était mobilisé sur les négociations à Lyon. « C’est le droit syndical qui a été bafoué », lance un représentant de la CFE-CGC. Owens Illinois aurait même demandé la réquisition de salariés pour sécuriser l’évacuation du verre, ce que le préfet a refusé.
Un soutien politique fort
De nombreux élus, dont le député LFI Raphaël Arnaud, ont pris la parole. « D’où un préfet peut nous expliquer qu’une multinationale venue d’Amérique ferait la loi ici ? », a-t-il lancé sous les acclamations. Un salarié a rappelé : « Ici c’est la France, pas le Far West. Owens Illinois doit se plier au droit syndical et au respect des travailleurs. »
La cantine militante « La table des luttes » a offert un repas aux manifestants. La délégation syndicale est ressortie de la préfecture vers 12h30, après avoir obtenu le refus du préfet de réquisitionner des salariés. La lutte continue pour sauver les emplois et faire respecter le droit.



