Méga-yachts : les PME du Var profitent des 270 M€ de La Ciotat
Méga-yachts : les PME du Var profitent des 270 M€ de La Ciotat

Les chantiers navals de La Ciotat, spécialisés dans la maintenance de grands yachts, génèrent 270 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, dont bénéficient directement une cinquantaine d'entreprises présentes sur le site, dont plusieurs PME varoises. Cet écosystème, qui s'étend entre l'ouest-Var et les Bouches-du-Rhône, illustre les retombées économiques de cette plateforme devenue l'un des leaders mondiaux du secteur.

Un écosystème varois au cœur de La Ciotat

Des entreprises comme Acti, Sonocar industrie, Air Qy, Kreative ou Dazin Azur montage ont en commun d'être varoises et de s'être implantées sur le site de La Ciotat Shipyards (LCS). Cette société publique locale, détenue par la Région, le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille Provence et la Ville de La Ciotat, a su préserver et renforcer ses liens avec le tissu économique varois.

« Nous comptons aujourd'hui une cinquantaine d'entreprises sur le site, dont cinq grands donneurs d'ordre », rappelle Olivier François, directeur général de La Ciotat Shipyards. La plateforme, qui a fait l'actualité récemment en raison de l'effondrement d'un échafaudage soufflé par des vents à plus de 130 km/h, développe son activité depuis 20 ans dans une relative discrétion.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des équipements de pointe pour des yachts toujours plus grands

Héritière de la SEMIDEP créée en 1994 après trois ans de conflit et d'occupation du site par d'anciens salariés, La Ciotat Shipyards fonctionne comme une société de droit privé, capable de dégager 6 millions d'euros d'investissement annuel. Ces fonds servent à maintenir l'attractivité du site grâce à des équipements adaptés aux très grosses unités : une grande forme sans limite de taille, l'ascenseur Atlas (7 places à sec pour des yachts de 80 à 115 mètres), un ascenseur de 4 300 tonnes, un autre de 2 000 tonnes pour des bateaux de 50 à 80 mètres, et un grand portique de 600 tonnes.

Trois acteurs majeurs structurent l'activité : l'Espagnol MB92, investisseur à plus de 45 % dans Atlas, l'Américain Safe Harbor (qui a racheté Monaco Marine), et Nautech, développée par le Varois Nicolas Bruni. Ces poids lourds font travailler une myriade de PME locales, comme Ennovia, dont le logiciel de maintenance sera déployé en septembre, ou la Seynoise Foselev Marine et sa filiale Cimat Sartec, sous-traitante régulière de Safe Harbor, MB92 et Classic Works.

Un « ruissellement » économique concret

« C'est du ruissellement », assure Patrick Ghigonetto, président de La Ciotat Shipyards. Avec 400 yachts reçus en moyenne chaque année, les chantiers génèrent 270 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 19,7 millions encaissés cette année par LCS. La plateforme emploie 70 salariés sur les 1 500 que compte le site, avec 80 offres d'emploi ouvertes.

« Ce qui frappe, c'est l'absence de bruit, la totale discrétion de ce site pourtant industriel », souligne Olivier François. L'un des axes de croissance est d'étaler l'activité sur les mois estivaux et d'attirer des bateaux encore plus grands. Un programme de 60 millions d'euros d'investissement est prévu dans les dix ans, financé sur fonds propres et avec les acteurs privés. « Nous proposons de très longues AOT, ce qui est attractif pour ces investisseurs », analyse le directeur général.

Un marché mondial en pleine expansion

Didier Chomat, spécialiste reconnu du yachting, a présenté son étude prospective devant les actionnaires de LCS. « Aujourd'hui La Ciotat est le site majeur dans le monde, concernant le chiffre d'affaires généré et en nombre d'unités traitées », souligne l'expert. Chaque année, 200 nouveaux yachts de plus de 30 mètres sont mis à l'eau, et le chiffre d'affaires mondial de la réparation de yachts, estimé à trois milliards de dollars, « devrait doubler d'ici 2035 ».

Le défi de la main-d'œuvre se profile, notamment avec la sollicitation de la filière navale par la Défense. « Les métiers liés à la fabrication des coques et à la mécanique vont être très demandés », prévient Didier Chomat, qui suggère la mise en place d'une nouvelle offre de formation. Nautech, qui fête ses 30 ans, traite entre 20 et 30 unités par an et réalise 95 % de son activité avec des clients internationaux, illustre la vitalité de ce secteur où les PME varoises jouent un rôle clé.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale