Lors du conseil municipal du 30 juin 2026, la majorité RN de Menton a confirmé la dissolution de la Société publique locale (SPL) des ports, effective au premier trimestre 2027. Cette décision fait suite à une série de scandales, notamment des accusations de détournements de fonds publics, qui ont terni l'image de la ville.
Une dissolution inéluctable après le retrait du Département
La SPL, créée en 2017, reposait sur un équilibre institutionnel entre la Ville et le Département, ce dernier détenant 20% des parts. Son retrait a précipité la fin de la structure. « Cette SPL reposait sur un équilibre institutionnel entre la Ville et le Département. Son objectif était clair : gérer les ports de Menton dans l'intérêt des usagers, des plaisanciers et du développement maritime local. Cette structure est aujourd'hui à la dérive, minée par des tensions politiques internes et une gouvernance défaillante », avait déclaré Alexandra Masson en août 2025, avant son élection à la mairie.
Désormais maire, Alexandra Masson et son équipe passent à l'action. « L'engagement de campagne, c'était la dissolution. Elle va l'être », a affirmé son premier adjoint, Jean-Christophe Storaï. « Nous avons engagé une étude stratégique sur le mode de gestion des ports, cela va prendre quelques mois. Mais nous avons déjà acté avec le Département qu'à la fin du premier trimestre 2027, la SPL serait dissoute. »
Un avenir en régie ou une gestion différenciée ?
Interrogé par Louis Sarkozy (Renouveau mentonnais) sur l'abandon éventuel d'une régie, Alexandra Masson a indiqué : « J'ai souvent dit qu'il était possible de différencier le vieux port du port de Garavan. Ce pourra être un mode de gestion différent sur les deux. »
Loïc Grenard (Nouvel élan pour Menton) a demandé la communication du grand livre comptable de 2022 à 2026, ainsi qu'un point sur la situation juridico-administrative de la SPL et la nomination d'un PDG. Jean-Christophe Storaï a répondu : « Si nous avons nous-mêmes demandé la communication des grands livres depuis des années, ce n'est pas pour vous la refuser aujourd'hui. J'accéderai à votre demande, sous réserve de la consultation des avocats de la société pour vérifier qu'il n'y a pas de contre-indications au secret des affaires et à la confidentialité. »
Des dettes et des condamnations
Sur le plan prud'homal, des employés ont fait appel. Sur le plan pénal, plusieurs personnes, dont l'ancien maire Yves Juhel et l'ex-PDG Mathieu Messina, ont été condamnées. « En cumulé, tous ces gens doivent 479 000 euros à la SPL. Nous avons demandé à nos avocats d'aller les chercher », a souligné Jean-Christophe Storaï.
Les impayés s'élèvent à 1,557 million d'euros pour les navires et 1,268 million pour les commerces, entre 2018 et 2025. « Des procédures ont été engagées par l'ancienne gouvernance. Nous avons mis la pression avec des relances par courrier LRAR, et des sommations interpellatives par huissiers », a détaillé le premier adjoint.
Une gestion bénévole pour les six mois restants
Jean-Christophe Storaï a confirmé qu'aucun PDG n'a été nommé pour la phase de liquidation : « Diantre oui, il est devant vous ! Mais en ce qui me concerne, et en ce qui concerne les administrateurs, aucune indemnité n'est versée – aucun avantage, pas de voiture ou de carte d'essence, pas de téléphone ni de carte bancaire. » Il a ajouté : « S'il y a une réalité du travail, c'est normal. Mais on est là pour liquider la société, il n'y a donc pas de quoi appliquer ces mesures. »
Cédric Monteiro (Nouvel élan pour Menton) a ironisé : « Ce qui me désole un peu, c'est que c'est la première fois, je pense, que vous allez faire du bénévolat… » Jean-Christophe Storaï a riposté : « On est dans une phase de liquidation, on ne va pas recruter un PDG. Vu qu'on a six mois devant nous, on fera l'effort et ça fera des économies pour les Mentonnais. » La maire a toutefois prévenu : « Ce n'est pas pour autant qu'on va faire ça toute notre vie. »
En attendant les conclusions de l'audit stratégique, prévues début 2027, la SPL se concentre sur la gestion des affaires courantes.



