Home-jacking chez Mario Lemina : 8 ans de prison pour le dernier prévenu
Home-jacking chez Mario Lemina : 8 ans de prison

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné, mercredi 8 juillet 2026, Ardisone Gomes Borges, 34 ans, à huit années de prison pour sa participation au home-jacking de la villa niçoise de l'ancien joueur de l'OGC Nice Mario Lemina, survenu le 10 octobre 2021. Ce jugement clôt le volet judiciaire du dernier prévenu présent dans ce dossier, après que six autres mis en cause ont été jugés en mai 2026.

Des faits d'une violence extrême

Le dimanche 10 octobre 2021, alors que Mario Lemina disputait un match de qualification pour la Coupe du monde 2022 avec le Gabon, trois hommes cagoulés et armés de deux pistolets et d'une bombe lacrymogène se sont introduits dans sa propriété du chemin de Saquier, à Nice. Sur place, ils ont maîtrisé et ligoté avec des serre-flex la compagne du footballeur, sa mère, une belle-sœur, une tante et deux enfants âgés de 3 ans et de quelques mois. La compagne a été agenouillée devant le coffre-fort, une arme pointée sur elle, sommée de donner le code qu'elle ignorait.

Les malfaiteurs ont été mis en fuite par l'arrivée de la police, alertée par une cinquième femme cachée dans une armoire. Ils ont emporté un butin estimé à 300 000 euros, comprenant bijoux, montres et articles de maroquinerie de luxe. « Que se serait-il passé si la police n'était pas intervenue ? », s'est interrogée Me Amélie Gizard, avocate de la famille Lemina, soulignant le traumatisme intense vécu par les victimes. Selon elle, les enfants, bien que très jeunes, ont assisté à toute la scène et « ne veulent plus revivre cela ». Ce traumatisme aurait pesé dans la décision du joueur et de sa famille de quitter la France pour l'Angleterre après deux saisons à l'OGC Nice.

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Un réseau structuré et un supporter impliqué

L'enquête a révélé que les adresses de plusieurs joueurs, dont celle de Mario Lemina et de Youcef Atal, avaient été divulguées par un supporter du club niçois, membre de la Brigade Sud. Ce dernier, poursuivi pour complicité, a finalement été relaxé. Lors de l'audience du 8 juillet 2026, la procureure Céline Hortal a insisté sur le caractère structuré du groupe, décrivant « des profils distincts et complémentaires » réunis dans le cadre d'une association de malfaiteurs. Elle a rappelé le lourd passé judiciaire d'Ardisone Gomes Borges, présenté comme celui ayant le casier le plus chargé parmi les personnes poursuivies dans cette affaire, et a requis 10 ans de prison. Le tribunal, présidé par Marion Menot, l'a condamné à 8 ans.

Les autres condamnations et la défense

En mai 2026, trois principaux mis en cause – Sidy Diop, Towara Jeremie et Karim Aboujiab – ont écopé de peines allant de 5 à 10 ans de prison. Tous étaient absents lors du jugement, et des mandats d'arrêt ont été délivrés à leur encontre. En défense, Me Adam Krid, avocat d'Ardisone Gomes Borges, n'a contesté ni « la gravité » ni « la violence » des faits, mais a estimé que l'implication de son client reposait essentiellement sur des déductions. « Personne ne minimise ce qu'a vécu la famille Lemina », a-t-il plaidé, ajoutant que « la gravité des faits ne peut pas remplacer la preuve ». Il envisage de faire appel.

Un phénomène inquiétant : le home-jacking

Ce dossier illustre la recrudescence des home-jackings ciblant des personnalités publiques, notamment les footballeurs, influenceurs, animateurs ou youtubeurs. Bernard Tapie, Di Maria, Inoxtag ou Christophe Beaugrand figurent parmi les nombreuses victimes de ces cambriolages où la présence des occupants est recherchée pour obtenir les codes des coffres-forts. La famille Lemina, après ce traumatisme, a choisi de quitter la France, un départ que l'avocate lie directement à cette agression.

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