Le taux de rémunération du Livret A devrait connaître une nouvelle hausse à compter du 1er août 2026, passant de 3% à 3,5% selon les projections des économistes. Cette augmentation, bien que modérée, représente une bonne nouvelle pour les 55 millions de détenteurs de ce produit d'épargne réglementé, le plus populaire en France.
Une hausse motivée par l'inflation et les taux interbancaires
La formule de calcul du taux du Livret A est fixée par la loi et dépend de deux paramètres principaux : l'inflation (hors tabac) et les taux interbancaires à court terme (€STR). Sur la période de référence allant de juin 2025 à mai 2026, l'inflation moyenne s'est établie à 2,8%, tandis que l'€STR a progressé pour atteindre 3,2% en moyenne. La moyenne arithmétique de ces deux indicateurs donne 3%, mais le gouvernement dispose d'une marge de manœuvre pour appliquer un taux supérieur, comme il l'a déjà fait par le passé.
Selon une source proche du ministère de l'Économie, citée par nos confrères du Monde, le taux pourrait être relevé à 3,5% afin de préserver le pouvoir d'achat des épargnants et d'encourager l'épargne populaire. Cette décision devrait être officialisée dans les prochains jours par la Banque de France, après avis du gouverneur.
Un impact direct sur le pouvoir d'achat
Pour un épargnant disposant du plafond maximal de 22 950 euros sur son Livret A, la hausse de 0,5 point de pourcentage représente un gain annuel supplémentaire de 114,75 euros. Pour les 10 millions de Français qui ont un encours moyen de 5 000 euros, le gain annuel est de 25 euros. Bien que ces montants puissent sembler modestes, ils contribuent à soutenir le pouvoir d'achat dans un contexte de hausse des prix.
"Cette augmentation est une bouffée d'oxygène pour les ménages les plus modestes, qui utilisent souvent le Livret A comme une épargne de précaution", a déclaré un économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Les conséquences pour le logement social et les collectivités
Le Livret A sert également à financer le logement social via la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Une hausse de son taux augmente le coût des prêts accordés aux bailleurs sociaux, ce qui pourrait freiner la construction de nouveaux logements. Selon la Fédération des bailleurs sociaux, une augmentation de 0,5 point représente un surcoût de 300 millions d'euros par an pour le secteur.
Les collectivités locales, qui empruntent également via le Livret A pour financer des projets d'intérêt général, pourraient voir leurs charges financières augmenter. Toutefois, le gouvernement pourrait compenser cet impact par des mesures d'accompagnement, comme le maintien de taux bonifiés pour certains projets.
Quelles perspectives pour les prochains mois ?
Les économistes anticipent une stabilisation du taux du Livret A autour de 3,5% pour le second semestre 2026, avant une possible baisse en 2027 si l'inflation continue de ralentir. La Banque centrale européenne (BCE) a déjà amorcé un cycle de baisse de ses taux directeurs, ce qui pourrait influencer à la baisse l'€STR et donc le calcul du Livret A.
Le prochain rendez-vous est fixé au 1er février 2027, date de la révision semestrielle suivante. D'ici là, les épargnants peuvent profiter de ce taux attractif, qui reste supérieur à celui de l'inflation, garantissant un rendement réel positif.



