Le Provençal de Juan-les-Pins : le palace mythique renaît après 50 ans
Le Provençal : le palace mythique de Juan-les-Pins renaît

Le palace Le Provençal, symbole des années folles sur la Riviera, a rouvert ses portes en 2025 après près de 50 ans de fermeture. Transformé en résidence de prestige, il renoue avec son passé glorieux qui a vu défiler le gotha international.

Un palace né de la vision d'un milliardaire américain

Inauguré le 25 juin 1927, Le Provençal est l'œuvre de Frank Jay Gould, fils du magnat des chemins de fer Jay Gould. Héritier d'une des plus vastes fortunes américaines, il a fait de Juan-les-Pins une station balnéaire prisée. Sa stratégie : attirer les artistes, puis les investisseurs, pour créer un lieu de villégiature luxueux.

Dès son ouverture, le palace impressionne : 290 chambres réparties sur dix étages, un room-service avec monte-plat, des jardins luxuriants et une plage privée. Les clients viennent du monde entier : Hollywood, la noblesse européenne, des sportifs comme Suzanne Lenglen. Le tout dans une ambiance de fête permanente, rythmée par les orchestres de jazz.

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Un déclin inéluctable après la Seconde Guerre mondiale

Après la mort de Frank Jay Gould en 1956, l'hôtel change de mains, mais la fréquentation décline. Fragilisé financièrement, il ferme définitivement en 1977. Pendant près d'un demi-siècle, le bâtiment reste à l'abandon, devenant une verrue pour certains, un trésor pour d'autres.

Les projets de réhabilitation se succèdent sans aboutir, jusqu'à ce que le milliardaire britannique John Caudwell rachète le site en 2014. Après des années de travaux, Le Provençal renaît en 2025 en résidence de luxe avec 35 appartements Art déco, une piscine de 30 mètres et des services haut de gamme.

Un âge d'or inoubliable

Durant son âge d'or, Le Provençal a accueilli des figures emblématiques comme Alice Terry, actrice du muet, et son mari Rex Ingram, réalisateur à la Victorine. Les soirées étaient animées par des orchestres de jazz, et les clients se pressaient au Ye Golden Grill Plum ou à la brasserie Neptune.

Même le krach de 1929 n'a pas entamé l'attrait de la station. Les Américains ont été remplacés par des Belges, des Italiens, des Parisiens, et Charlie Chaplin était un habitué. La Seconde Guerre mondiale a mis fin à cette parenthèse enchantée, mais la légende du Provençal reste vivace.

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