Un constat amer pour les Européens
Tout Européen qui se rend aux États-Unis ces jours-ci peut en faire le constat douloureux : sur l’autre rive de l’Atlantique, le niveau de vie des classes moyennes et supérieures est plus élevé. Logement, voiture, équipements, loisirs, tout y est plus grand, plus abondant, plus luxueux. L’écart ne cesse de s’élargir, même en tenant compte des frais que l’État providence européen mutualise généreusement comme la santé, la retraite ou les services publics. En clair, les Européens, comparés aux Américains, s’appauvrissent.
Un fossé qui se creuse depuis 2008
Chaque année depuis la crise financière de 2008, le produit intérieur brut par tête, c’est-à-dire la quantité de richesses par habitant créée dans les 27 États membres de l’Union, a augmenté moins vite, en dollars courants, que celui des États-Unis. Ce dernier était de 30 % plus élevé que celui de l’UE en 2008 ; son avance est désormais de 85 %, selon le Fonds monétaire international.
Cette divergence s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, les États-Unis ont connu une reprise économique plus vigoureuse après la crise, soutenue par des politiques monétaires et budgétaires agressives. D’autre part, l’Europe a été freinée par des crises successives : dette souveraine, Brexit, pandémie, guerre en Ukraine. La croissance américaine a également bénéficié d’un dynamisme démographique supérieur, d’un marché du travail plus flexible et d’une innovation technologique plus rapide.
Conséquences pour les ménages
Pour les ménages européens, cela se traduit par un pouvoir d’achat en berne. Les salaires augmentent moins vite, le coût de la vie grimpe, et l’accès à la propriété devient plus difficile. Même si les services publics restent de qualité, le fossé avec le confort matériel américain se creuse. Les classes moyennes, en particulier, subissent une pression croissante.
Un avenir incertain
Pour inverser la tendance, l’Union européenne devra stimuler sa compétitivité, investir dans l’innovation et renforcer son marché unique. Mais le chemin est long, et l’écart pourrait encore se creuser si les réformes nécessaires tardent à être mises en œuvre.



