La revue Front populaire, fondée par l’essayiste Michel Onfray, a été rachetée par Lagardère News, groupe appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré et qui rassemble déjà le JDD et le JDNews, selon un document dont l’AFP a eu connaissance mercredi 26 août 2026, confirmant une information de La Lettre.
Une prise de participation majoritaire
Lagardère Media News, contrôlé par Louis Hachette Group – et dont le groupe Bolloré est le principal actionnaire –, a pris 90 % du capital des Éditions du Plénïtre, qui éditent Front populaire. Michel Onfray conserve les 10 % restants.
Le philosophe reste directeur général et directeur de la publication de la revue qu’il avait lancée en 2020 pour rallier à l’époque les souverainistes de tous bords. Sollicité par l’AFP, Lagardère News n’a pas réagi dans l’immédiat.
Un visage familier des médias de Bolloré
Avant ce rachat, Michel Onfray était déjà devenu une figure des médias dans l’orbite du milliardaire conservateur, avec une émission sur la chaîne CNews et des interventions régulières dans le JDD et le JDNews.
Michel Onfray a notamment pris la défense de la chroniqueuse pro-Kremlin de ces médias, Xenia Fedorova, qui a fait l’objet d’un arrêté d’expulsion du territoire par l’État français. Elle est accusée d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » pour « déstabiliser l’ordre public » en France, ce dont elle se défend.
Une influence scrutée avant la présidentielle
Vincent Bolloré se revendique « démocrate-chrétien » mais est accusé par ses détracteurs de promouvoir des idées d’extrême droite au sein des médias (CNews, Europe 1, JDD…) et des maisons d’édition (Fayard…) dans son giron. Son influence est scrutée de près à l’orée de la campagne présidentielle de 2027.
Michel Onfray s’était fait connaître du grand public en fondant, en 2002, l’Université populaire de Caen, qu’il a quittée depuis, et avec ses livres de vulgarisation de la philosophie.
Ces dernières années, ses interventions ont régulièrement fait polémique. Fin mars 2026, il s’est défendu d’accusations de racisme après des commentaires parlant notamment de « mâle dominant » pour désigner le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui avait appelé les agents municipaux à faire « allégeance » après son élection.



