Le cabinet parisien de l’avocat Thierry Lacoste a vivement réagi, ce samedi 5 septembre 2026, à l’inculpation prononcée à son encontre par la justice monégasque, la qualifiant « d’inculpation de commande » et « de honte ». Cette mise en examen intervient après trois jours de garde à vue et s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire ouverte depuis quatre ans pour des faits de « trafic d’influence actif et passif, prise illégale d’intérêt, corruption active sur un agent public national et corruption passive par un agent public national, le tout en bande organisée, ainsi que de blanchiment du produit d’une infraction et d’association de malfaiteurs ».
Une réaction cinglante du cabinet Lacoste
Dans un communiqué transmis à la presse, le cabinet de Thierry Lacoste affirme que cette inculpation est « basée sur un fatras d’accusations infondées ». Il ajoute qu’elle « n’étonne malheureusement pas de la part d’une justice monégasque qui est de facto instrumentalisée au service des puissants depuis 2023, surtout vis-à-vis d’intérêts financiers hégémoniques qui ont suborné les cercles de pouvoir de la Principauté ces trois dernières années ».
Selon le cabinet, « l’objectif inavoué de cette inculpation » serait « d’alimenter le dossier de l’État monégasque pour, in fine, l’exonérer d’avoir à indemniser la société Caroli (malgré une jurisprudence européenne solidement établie) dans le cadre du dossier dit de “l’Esplanade des Pêcheurs” et, possiblement, d’attribuer ensuite une version révisée de ce projet à une entreprise concurrente qui veut le “récupérer” ».
Le groupe Pastor pointé du doigt
Le communiqué dénonce également « la volonté hégémonique du groupe de Mr. Patrice Pastor ». Il accuse la justice monégasque d’avoir été « instrumentalisée contre plusieurs personnalités intègres qui avaient toujours cherché à soutenir et protéger le Prince, lutter contre la corruption, promouvoir l’image de la Principauté et faire face à l’appétit insatiable et à la volonté hégémonique du groupe de Mr. Patrice Pastor ».
Le cabinet souligne aussi que « l’indépendance et l’impartialité de cette “justice bananière” ne sont pas celles d’un pays membre du Conseil de l’Europe ». Il conclut sur la détermination de l’avocat : « Cette inculpation et les mesures punitives de rétorsion qui l’accompagnent n’empêcheront pas Maître Thierry Lacoste de poursuivre son combat pour que la vérité finisse par éclater. Il reste plus déterminé que jamais. »
Un combat pour l’État de droit
Le cabinet rappelle que cette inculpation intervient « quelques semaines après la conférence de presse à laquelle Thierry Lacoste avait participé ». Lors de cette prise de parole, il avait notamment déclaré : « dans un État de droit digne de ce nom, aucun réseau, aucune influence, aucune proximité avec le pouvoir ou la justice ne peut justifier que l’on s’affranchisse des principes qui fondent la confiance du peuple monégasque. Ce qui me rend pessimiste, c’est l’influence voire l’incroyable emprise sur le pouvoir monégasque qu’ont aujourd’hui certains intérêts privés. Mais ce qui me rend optimiste, c’est la limpidité et la clarté de la ligne que nous défendons en faveur de l’État de droit et d’une lutte sans concession contre la corruption ».
Enfin, le cabinet affirme « que cette justice monégasque bancale est opérée et couverte par des magistrats français détachés sur place, ce qui devrait interpeller tous les défenseurs de l’État de droit ». Cette déclaration intervient dans un contexte de guerre médiatico-judiciaire opposant le quatuor en disgrâce – dont Thierry Lacoste fait partie – aux institutions monégasques, depuis la « révolution de palais » du printemps 2023.



