L'avocat du prince Albert II, Maître Cyril Bonan, est sorti de sa réserve ce samedi 5 septembre 2026 après l'inculpation de Thierry Lacoste, ami d'enfance du Souverain, dans le cadre de l'affaire dite des « Dossiers du Rocher ». Il a déclaré que toutes les personnes impliquées « devront répondre de leurs actes et ne pourront décemment plus se faire passer pour des victimes ». Selon lui, cette inculpation « confirme » que « les actions que nous avons engagées étaient justifiées et témoignent de la force, de l'indépendance et de la stabilité de l'institution judiciaire de Monaco ».
Une inculpation qui fait suite à celle de Didier Linotte
Cette réaction du Palais intervient après que Thierry Lacoste a été inculpé ce samedi 5 septembre 2026, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour « trafic d'influence actif et passif, prise illégale d'intérêt, corruption active sur un agent public national et corruption passive par un agent public national, le tout en bande organisée, ainsi que de blanchiment du produit d'une infraction et d'association de malfaiteurs ». Cette inculpation fait suite à celle de l'ex-président du Tribunal Suprême de Monaco, Didier Linotte, intervenue dès juin 2025.
Thierry Lacoste a été placé en garde à vue pendant trois jours dans le cadre de cette procédure. Il a qualifié son inculpation de « honte » et y voit « l'instrumentalisation » d'une justice « bancale » qu'il estime « sous influence » à la fois « du Palais » et des « cercles d'affaires monégasques ». Une lecture que conteste fermement Me Cyril Bonan.
Une guerre médiatico-judiciaire entre deux clans
L'affaire remonte à l'automne 2021, lorsqu'un mystérieux corbeau a affirmé que quatre hauts responsables monégasques avaient constitué un cabinet noir. Claude Palmero, l'administrateur des biens du Prince, Thierry Lacoste, son directeur de cabinet Laurent Anselmi, et Didier Linotte, président du Tribunal Suprême, ont été accusés de malversations. La dénonciation en ligne était notamment étayée par des documents issus du piratage de la boîte mail de Thierry Lacoste.
Le quatuor, qui affirme n'avoir agi que dans l'intérêt de la Principauté et à l'initiative de l'ancien ministre d'État Michel Roger, a conservé la confiance du Prince jusqu'au printemps 2023. C'est alors qu'une « révolution de palais » a conduit au limogeage de Claude Palmero et de Didier Linotte. La famille princière accuse son ancien administrateur de l'avoir lésée et le président du Tribunal Suprême d'avoir œuvré contre l'État en lui infligeant une indemnité record de 136 millions d'euros. En retour, le quatuor en disgrâce pointe l'influence du promoteur milliardaire Patrice Pastor sur les institutions monégasques.
La déclaration complète de Me Cyril Bonan
Dans sa déclaration, Me Cyril Bonan a précisé : « Nous avons pris connaissance de l'inculpation de Me Thierry Lacoste, aux côtés de M. Didier Linotte, pour des faits graves d'association de malfaiteurs, de blanchiment et de corruption en bande organisée. Toutes les personnes qui ont participé à ces agissements et à l'encontre desquels la Justice considère qu'il existe des indices graves et concordants, devront répondre de leurs actes et ne pourront décemment plus se faire passer pour des victimes. Ces développements confirment que les actions que nous avons engagées étaient justifiées et témoignent de la force, de l'indépendance et de la stabilité de l'institution judiciaire de Monaco malgré les attaques dont elle est l'objet. »
Les deux camps se livrent depuis plusieurs mois une guerre médiatico-judiciaire qui a conduit à cette nouvelle inculpation. Les suites judiciaires de cette affaire devraient se poursuivre dans les prochains mois, alors que les personnes mises en cause contestent les charges retenues contre elles.



