À 52 ans, Magali Belgodère, parachutiste de haut niveau installée à Fox-Amphoux dans le Var, a décroché une médaille d'argent aux championnats de France de voile contact à quatre, à Saumur, avant de s'envoler pour les championnats du monde en Californie fin septembre. Avec près de 10 000 sauts à son actif, elle cumule deux titres de championne du monde et un titre de vice-championne du monde dans sa discipline.
Une passion née à Besançon en 2001
Née à Paris en 1973 et élevée à Nice, Magali Belgodère a toujours été attirée par l'air et les grands espaces, peut-être aussi grâce à son métier d'hôtesse de l'air chez Air France. C'est pourtant loin de la Côte d'Azur qu'elle découvre le parachutisme. En 2001, alors qu'elle vit à Dijon, elle se rend à Besançon, où elle est toujours licenciée, pour effectuer ses premiers sauts. « Je voulais voir ce que c'était que voler, entre guillemets, parce qu'on chute plus qu'on ne vole, et voir la Terre du dessus », raconte-t-elle.
Deux ans plus tard, elle découvre le voile contact, une discipline qui devient rapidement une passion. « J'ai trouvé encore plus d'adrénaline et d'intérêt que dans les autres disciplines », explique-t-elle. Cette discipline consiste à réaliser des figures à quatre parachutistes, en accrochant leurs pieds dans les suspentes de leurs équipiers, après un largage à 2 000 mètres d'altitude et avec seulement deux minutes pour enchaîner un maximum de formations.
Un palmarès impressionnant et une médaille d'argent à Saumur
Son histoire avec l'équipe de France commence en 2007. Depuis, son palmarès compte deux titres de championne du monde en voile contact à quatre, un titre de vice-championne du monde et plusieurs autres médailles internationales. Cette année, aux championnats de France à Saumur, du 14 au 16 août, elle a décroché l'argent avec les « Pipelines de Gennes », aux côtés d'Alice Fleury, Robert Bacescu et Steve Leroy, avec Laurent-Stéphane Montfort à la vidéo.
Cette médaille a une saveur particulière, car son équipe n'avait pas l'habitude de sauter ensemble, contrairement à l'équipe militaire « Phénix », qui s'est imposée. « Nous sommes très fiers de notre deuxième place parce qu'on est deuxième en équipe non constituée derrière une équipe militaire qui a l'habitude de sauter régulièrement ensemble », souligne Magali Belgodère. Lors d'une journée d'entraînement, les parachutistes réalisent environ huit sauts, entrecoupés de pliages et de débriefings.
Une transmission aux jeunes et un objectif californien
Pour Magali, l'un des intérêts du championnat de France est de permettre aux membres de l'équipe de France, répartis dans différentes équipes, de donner leur chance aux autres compétiteurs et de faire progresser le niveau national. Cette fois, elle a dû s'adapter à de nouveaux équipiers. « J'ai tendance à voler avec un certain niveau d'engagement. Et il faut que je me freine quand je vole avec des jeunes », confie-t-elle. Son rôle est aussi devenu celui d'une guide : expliquer, transmettre, rassurer. « Notre travail, c'est de maintenir la confiance qu'ils ont en nous », ajoute-t-elle.
Fin septembre, elle repartira avec l'équipe de France pour les championnats du monde en Californie, où la compétition se poursuivra jusqu'au 14 octobre. Une semaine de préparation sur place est prévue pour apprivoiser l'aérologie, le terrain et le décalage horaire. « On n'a pas la chance d'avoir des ailes, nous, les humains », conclut-elle, mais avec sa voile, elle continue de voler.



