À Saint-Ouen, la gauche a enfin trouvé son nouveau front de discorde : un poulet à 2,50 €. Les héritiers des Corons ne s’étripent plus sur l’économie ou la nation, mais sur le blanc ou le pilon. L’objet de la discorde : Master Poulet, une chaîne de rôtisserie low-cost, devenu un casus belli politique. Bienvenue dans la basse-cour politique, ou plutôt la « pouletisation » du débat.
Le maire socialiste contre le poulet low-cost
D’un côté, le maire socialiste Karim Bouamrane tente de bloquer l’enseigne au nom de la qualité de vie. Traduction : assez de friture, place au quinoa républicain. De l’autre, Éric Coquerel et ses camarades, devenus défenseurs acharnés du poulet industriel mondialisé. Anticapitalistes le matin, franchisés le soir.
Quand LFI défend les poulets
C’est bien la première fois que LFI défend les poulets… D’habitude, ils sont plutôt contre la volaille en uniforme. On les connaissait hostiles à la mondialisation, à l’élevage intensif, à la malbouffe, et les voilà pro-nuggets.
La dette ? On verra plus tard. La désindustrialisation ? On en reparlera. Mais le poulet frit, ça, c’est une urgence nationale. Et tout ça au nom du peuple. Toujours le peuple. Un peuple réduit à une cible marketing. C’est peut-être ça, le vrai mépris de classe : assigner les gens à leur barquette et appeler ça un projet politique.
Le bon et le mauvais poulet
Mais derrière le croustillant, il y a surtout la marinade. Car pour certains, il y a le bon et le mauvais poulet. Le mauvais ? Le poulet du dimanche, rôti, familial, franchouillard, presque suspect. Celui des terroirs, des nappes à carreaux… à deux doigts d’être classé à l’extrême droite avec ses pommes de terre nouvelles.
Le bon : le crousty sous batterie, nourri aux hormones, importé en flux tendu, certifié halal et livré en scooter. Celui-là est inclusif, créolisé, moderne. C’est le poulet progressiste. Le poulet de la « nouvelle France ».
La guerre des coqs sous stéroïdes
Bref, le poulet de batterie devient un argument électoral. Sous la chapelure, il y a le gras politique : le clientélisme. On ne débat plus… on fait de la panure. Pour obtenir au final une guerre des gauches qui ressemble à un combat de coqs sous stéroïdes. Ça s’embroche à coups de slogans, ça se plume sur les plateaux télé, ça s’indigne en batterie. Une guerre des coqs, oui. Mais sans panache. Juste du bruit, des plumes et une odeur persistante de friture politique.



