Le groupe franco-allemand KNDS, leader européen de la fabrication de chars d'assaut, s'apprête à vivre une transformation majeure de son actionnariat. Selon des informations exclusives, l'entreprise, née de la fusion entre le français Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann, va ouvrir son capital à l'État allemand et préparer une introduction en Bourse. Cette décision stratégique vise à renforcer la souveraineté européenne en matière de défense terrestre.
Une entrée de l'État allemand au capital
L'État fédéral allemand devrait acquérir une participation significative dans KNDS, aux côtés des actionnaires historiques que sont l'État français (via Nexter) et la famille Bode (via KMW). Cette entrée permettrait à Berlin d'avoir un droit de regard direct sur les décisions stratégiques du groupe, notamment en matière d'exportations et de développement de nouveaux blindés. Les modalités financières de cette opération restent confidentielles, mais elle pourrait représenter plusieurs centaines de millions d'euros.
Une mise en Bourse programmée
Parallèlement, KNDS envisage une introduction en Bourse d'ici 2026. Cette opération viserait à lever des fonds pour financer la recherche et le développement de nouveaux modèles, comme le char de combat du futur (MGCS) qui doit remplacer les Leclerc et Leopard 2. L'entrée en Bourse permettrait également de donner une liquidité aux actions et de valoriser le groupe à plusieurs milliards d'euros. Les places de Paris et Francfort sont pressenties pour accueillir cette cotation.
Cette double évolution marque un tournant pour KNDS, qui pesait jusqu'à présent sur un actionnariat équilibré entre la France et l'Allemagne. L'arrivée de l'État allemand et la mise en Bourse devraient modifier la gouvernance, avec un conseil d'administration élargi intégrant des représentants de Berlin. Les syndicats s'inquiètent toutefois d'une possible perte d'indépendance et de pressions sur l'emploi.
Le ministre français des Armées a salué cette initiative, y voyant "un pas supplémentaire vers une Europe de la défense plus intégrée". De son côté, le chancelier allemand a souligné l'importance de "garantir la compétitivité de notre industrie de défense face aux menaces actuelles". KNDS emploie près de 10 000 personnes en France et en Allemagne, et réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 3 milliards d'euros.



