Les avocats de Patrice Pastor, le magnat de l'immobilier monégasque, ont réagi ce samedi 5 septembre 2026 à l'inculpation de Thierry Lacoste, l'ami d'enfance du Prince Albert II. Dans un communiqué, Mes Antoine Vey et Richard Malka estiment que « les chefs d'inculpation de nature criminelle retenus à l'encontre de Thierry Lacoste confirment la gravité des agissements dénoncés par Monsieur Patrice Pastor depuis des années ».
Une plainte à l'origine des poursuites
L'inculpation de Thierry Lacoste, annoncée ce samedi, fait suite à une information judiciaire ouverte à la suite de la plainte déposée par Patrice Pastor en 2023. Cette plainte visait plusieurs hauts responsables monégasques, dont Thierry Lacoste, Didier Linotte, Claude Palmero et Laurent Anselmi, tous accusés d'avoir constitué un « cabinet noir » pour servir leurs propres intérêts.
Mes Vey et Malka soulignent que cette inculpation « confirme à nouveau, après celle de Monsieur Linotte, qu'il était légitime pour Monsieur Pastor d'agir afin de mettre un terme aux agissements de ces personnes qu'il considère avoir causé des préjudices considérables aux Monégasques ». Didier Linotte, l'ex-président du Tribunal Suprême de Monaco, avait été inculpé en juin 2025.
Une guerre médiatico-judiciaire
Cette affaire, connue sous le nom des « Dossiers du Rocher », a débuté à l'automne 2021 lorsqu'un mystérieux corbeau a affirmé que quatre hauts responsables monégasques avaient constitué un cabinet noir. Les accusations, étayées par des documents issus du piratage de la boîte mail de Thierry Lacoste, ont d'abord été ignorées par le Prince, qui a conservé sa confiance au quatuor jusqu'au printemps 2023.
La « révolution de palais » a conduit au limogeage de Claude Palmero et de Didier Linotte. La famille princière accuse alors son ancien administrateur de l'avoir lésée et le président du Tribunal Suprême d'avoir œuvré contre l'État en lui infligeant une indemnité record de 136 millions d'euros. En retour, le quatuor en disgrâce pointe l'influence de Patrice Pastor sur les institutions monégasques, déclenchant une guerre médiatico-judiciaire entre les deux camps.
La défense de Thierry Lacoste dénonce une « inculpation de commande »
De son côté, le cabinet d'avocats de Thierry Lacoste a immédiatement dénoncé une mesure « de commande » prononcée par une justice qu'il qualifie de « bancale ». Cette réaction contraste avec celle des avocats de Patrice Pastor, qui promettent que leur client « continuera, dans le cadre de cette information judiciaire comme dans les autres procédures en cours à l'encontre des mêmes individus, à faire prévaloir la vérité ».
Les avocats de Patrice Pastor concluent qu'il appartient désormais « aux magistrats instructeurs de déterminer l'ampleur réelle de ces comportements ainsi que les responsabilités d'autres acteurs composant ce que la presse a dénommé le “G4” ». Cette affaire, qui mêle accusations de malversations, espionnage et rivalités politiques, continue de secouer la Principauté de Monaco.



