Le plan Climat, adaptation, sécheresse, incendies (CASI), doté de 1,2 milliard d'euros et annoncé ce vendredi 4 septembre par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, vise à soutenir les agriculteurs touchés par les aléas climatiques de l'été. En Aveyron, les syndicats agricoles dénoncent des mesures insuffisantes face à l'ampleur de la crise.
Une enveloppe jugée insuffisante par les syndicats
Ce vendredi 4 septembre, Annie Genevard a annoncé une aide exceptionnelle de 1,2 milliard d'euros à travers son plan CASI, destinée aux agriculteurs français. Cette mesure vise à compenser les pertes dues aux phénomènes météorologiques estivaux, afin de « soutenir les trésoreries, éviter les faillites et relancer la production ».
Un plan loin de convaincre la Confédération Paysanne de l'Aveyron : « C'est un plan scandaleux. […] Si le montant global peut paraître élevé : il est en réalité très faible face à l'ampleur exceptionnelle de la crise », fustige le syndicat agricole. Même constat pour la Coordination rurale : « Il faudra plusieurs milliards d'euros pour sauver la saison agricole et empêcher la disparition de milliers d'exploitations. L'enveloppe annoncée est donc très loin de répondre à l'urgence », affirme-t-elle.
« Quatre fermes sur cinq sont laissées sur le carreau »
Dans le détail, 520 millions d'euros sont consacrés à l'Indemnisation de solidarité nationale (ISN), principal dispositif de l'État destiné à compenser les pertes de récoltes liées aux aléas climatiques exceptionnels. Mais le gouvernement ne prévoit pas de modifier les seuils de déclenchement ni les taux de prise en charge. « Pour les 82 % de fermes non assurées, l'ISN ne se déclenche qu'à partir de 50 % de pertes, avec une indemnisation dérisoire de 28 %. […] Quatre fermes sur cinq sont laissées sur le carreau », dénonce le syndicat.
La Confédération paysanne demande que l'indemnisation puisse être déclenchée à partir de 30 % de pertes pour toutes les filières et que le taux d'indemnisation des agriculteurs non assurés soit aligné sur celui des exploitants assurés.
Des dispositifs existants et de nouvelles aides contestées
Pour la Confédération paysanne, les autres mesures annoncées ne sont pas davantage à la hauteur de l'enjeu. Le syndicat pointe notamment les 20 millions d'euros prévus pour la prise en charge des cotisations MSA et les 330 millions d'euros consacrés au dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB). « Elle est mieux dotée, mais cet argent tombe dans la poche des propriétaires fonciers, sans garantie qu'ils le reversent aux fermiers locataires. Pour rappel, en France, 51 % des terres sont en fermage », indique le syndicat.
Pour la Coordination rurale, ces mesures ne constituent par ailleurs pas de véritables réponses nouvelles. « Ce sont des dispositifs qui sont en vérité déjà en place », explique-t-elle. Une nouvelle mesure fait toutefois son apparition : le fonds de réarmement agricole, doté de 235 millions d'euros. Piloté par les préfets, il doit permettre de financer l'achat d'intrants et d'aliments pour animaux. Une mesure qui ne répond pas, selon la Confédération paysanne, à la question de l'adaptation de l'agriculture au changement climatique.
« Faire payer les responsables climatiques »
La Confédération paysanne réitère ainsi son appel à sauver toutes les fermes « quoi qu'il en coûte ». Elle demande notamment une aide directe de 5 000 € par paysan impacté par la crise, versée sous forme de subvention. « Nous proposons depuis des années un fonds professionnel mutualisé et solidaire, accessible à toutes les fermes, impliquant tous les maillons de la chaîne agroalimentaire. À elle seule, la grande distribution capte 1 milliard d'euros de surmarge par an, comme l'a montré le rapport du Sénat de 2026. […] Il faut faire payer les responsables de la crise climatique », affirme le syndicat.
La Confédération paysanne annonce d'ores et déjà qu'elle appellera prochainement à la mobilisation des paysans, notamment des agriculteurs non assurés, qu'elle estime « sacrifiés par le gouvernement et l'agro-industrie ». De son côté, la Coordination rurale ne souhaite plus que l'État réponde aux crises agricoles successives par de nouvelles enveloppes d'urgence. Le syndicat demande plutôt la mise en place « d'un véritable plan de sauvegarde de l'agriculture française », dont le financement pourrait être trouvé en réduisant certaines dépenses publiques. Elle demande également une simplification des règles et des démarches administratives, en « supprimant les doublons, réduisant le millefeuille administratif et mettant fin à la production normative inutile ». La Coordination rurale souhaite par ailleurs que les aides publiques, notamment celles de la Politique agricole commune (PAC), soient versées et, lorsque cela est possible, avancées au plus vite afin de permettre aux exploitations de faire face à leurs échéances financières.



