Guerre en Ukraine : l'économie de la mort, le Kremlin booste sa croissance
Guerre en Ukraine : l'économie de la mort du Kremlin

La guerre en Ukraine a révélé une facette sombre de l'économie russe : une véritable « économie de la mort » où le Kremlin booste sa croissance en payant des soldats pour mourir. Alors que les pertes humaines s'accumulent, Moscou transforme le sacrifice humain en moteur économique, suscitant des interrogations sur la soutenabilité de ce modèle.

Une croissance tirée par les dépenses militaires

Depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, la Russie a considérablement augmenté ses dépenses militaires. Selon des économistes, cette hausse a stimulé certains secteurs industriels, notamment la production d'armements et les services associés. Les paiements aux familles des soldats tués, les primes d'engagement et les indemnisations alimentent une demande intérieure artificielle, gonflant le PIB. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 3,2 % pour 2024, bien au-dessus des attentes initiales.

Le coût humain comme variable économique

Cette croissance repose sur un calcul macabre : chaque soldat mort est une dépense compensée par des retombées économiques. Les indemnités versées aux familles, pouvant atteindre plusieurs millions de roubles, sont injectées dans l'économie via la consommation. De plus, l'État recrute massivement dans les régions pauvres, offrant des salaires élevés pour des missions dangereuses, ce qui réduit le chômage et augmente les revenus disponibles. Des économistes russes parlent d'un « multiplicateur de guerre » où chaque rouble dépensé génère plus d'activité.

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Les limites d'une économie de guerre

Cependant, ce modèle a des conséquences désastreuses à long terme. La fuite des cerveaux s'accélère, l'investissement privé est en berne, et les sanctions occidentales pèsent sur l'innovation. La priorité donnée à l'industrie militaire assèche les secteurs civils, créant des pénuries et de l'inflation. Le gouverneur de la Banque centrale russe, Elvira Nabioullina, a reconnu que l'économie surchauffe et que la croissance actuelle n'est pas durable.

Un pari risqué pour l'avenir

En misant sur une économie de guerre, le Kremlin parie que le conflit s'achèvera avant l'effondrement du système. Mais les experts estiment que les coûts sociaux et économiques pourraient être irréversibles. La reconstruction de l'Ukraine et la réintégration de la Russie dans l'économie mondiale seront des défis immenses. Pour l'instant, la machine de guerre tourne, mais à quel prix ?

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