Jeudi 2 juillet 2026, midi. Olivier Nora prononce son discours d'adieu au personnel des éditions Grasset, dans le vieil immeuble de la rive gauche à Paris. Autour de lui, toute l'équipe est au complet : une quarantaine de salariés, éditeurs, commerciaux, service juridique, directeurs de collection ou préposé à l'accueil. Tous les services sont présents, revenus de vacances et ayant renoncé à d'autres engagements pour faire corps avec le « corps Grasset ». Après vingt-six ans de direction, Nora quitte la maison qu'il a dirigée avec passion.
Un départ contraint par Vincent Bolloré
Olivier Nora ne part pas de gaieté de cœur. Il a été remercié par Vincent Bolloré, le propriétaire du groupe Hachette, dont Grasset est l'une des maisons les plus prestigieuses. Pourtant, Nora n'a pas démérité : il est salué par l'ensemble de la profession. Mais la guerre d'usure menée par Bolloré a eu raison de lui. Depuis plusieurs mois, les spéculations et les incertitudes planaient sur l'avenir de Nora à la tête de Grasset.
Selon des sources proches du dossier, Bolloré souhaitait imposer une nouvelle ligne éditoriale plus conforme à ses vues conservatrices. Nora, connu pour son indépendance d'esprit et son catalogue d'auteurs prestigieux (dont Virginie Despentes, prix Goncourt 2025), résistait. La tension est montée progressivement, jusqu'à ce que Bolloré exige son départ.
Un bilan salué par les pairs
Le départ d'Olivier Nora suscite une vive émotion dans le monde de l'édition. De nombreux auteurs et éditeurs ont exprimé leur soutien. « Olivier Nora a fait de Grasset une maison d'exception, ouverte à la diversité des voix », a déclaré un éditeur rival sous couvert d'anonymat. « C'est une perte pour tout le secteur. »
Sous sa direction, Grasset a publié des auteurs majeurs et remporté de nombreux prix littéraires. Nora a également modernisé la maison sans renier son héritage. Son départ marque la fin d'une ère pour l'édition française.



