Le président de la Fifa, Gianni Infantino, est plus que jamais sous pression. Alors que l'élection à la tête de l'instance se profile pour l'année prochaine, le dirigeant suisse fait face à une opposition grandissante, y compris au sein de son propre camp. La cause ? Son projet controversé de céder une partie de la Coupe du monde à des investisseurs privés, une idée qui suscite un rejet quasi unanime dans le monde du football.
Une fronde sans précédent contre le patron du football mondial
Depuis son arrivée à la tête de la Fifa en 2016, Gianni Infantino a toujours su imposer sa vision. Mais cette fois, la contestation est venue de toutes parts. Les fédérations nationales, les clubs, les joueurs et même les supporters expriment leur mécontentement face à ce projet de privatisation partielle de la compétition reine. Selon plusieurs sources proches du dossier, des discussions avancées avec des fonds d'investissement auraient déjà eu lieu, ce qui a déclenché une levée de boucliers.
Le projet prévoit de vendre une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés, en échange de liquidités immédiates. Une opération qui rapporterait plusieurs milliards de dollars à la Fifa, mais qui remettrait en cause l'indépendance et l'intégrité de la compétition. Les critiques dénoncent une « marchandisation » du football et une perte de contrôle sur l'organisation de l'événement le plus suivi de la planète.
Des critiques jusque dans le camp d'Infantino
Le plus inquiétant pour Gianni Infantino est que la contestation gagne désormais son propre camp. Des membres influents du conseil de la Fifa, qui l'avaient soutenu lors de sa réélection en 2019, prennent leurs distances. Certains évoquent ouvertement la possibilité de soutenir un candidat alternatif lors du prochain scrutin. « C'est une erreur stratégique majeure », confie un proche du dossier sous couvert d'anonymat. « Infantino a toujours su fédérer, mais là, il va trop loin. »
Les fédérations européennes, historiquement puissantes au sein de la Fifa, sont particulièrement remontées. L'UEFA, dirigée par Aleksander Ceferin, a déjà fait savoir qu'elle s'opposait fermement à ce projet. « La Coupe du monde appartient aux fans, pas aux fonds spéculatifs », a déclaré un porte-parole de l'UEFA. Cette opposition est d'autant plus significative que l'Europe représente une part importante des revenus de la Fifa.
Un projet qui divise profondément le football mondial
Au-delà des critiques, ce projet met en lumière les tensions structurelles au sein du football mondial. Les petites fédérations, qui dépendent financièrement de la Fifa, sont partagées entre la nécessité de ces revenus et la crainte de perdre leur influence. Les grandes ligues, comme la Premier League ou la Liga, y voient une menace pour leur modèle économique. Les joueurs, par l'intermédiaire de leur syndicat mondial, la FIFPro, ont également exprimé leur opposition.
Selon un sondage réalisé auprès de supporters de 20 pays, plus de 80 % d'entre eux sont opposés à cette privatisation. Un chiffre qui illustre l'ampleur du rejet. « C'est une question de principe », estime un expert en droit du sport. « Si la Fifa cède une partie de ses droits à des investisseurs privés, elle perdra sa crédibilité et son rôle de régulateur. »
Quelles conséquences pour l'élection de 2027 ?
Cette fronde pourrait avoir des conséquences directes sur l'élection prévue l'année prochaine. Gianni Infantino, qui brigue un troisième mandat, voit son trône menacé. Plusieurs candidats potentiels seraient déjà en train de se positionner, notamment des dirigeants africains et asiatiques, qui pourraient capitaliser sur ce mécontentement.
Cependant, Infantino reste un redoutable manœuvrier. Il a déjà survécu à plusieurs crises, notamment les scandales de corruption qui ont secoué la Fifa avant son arrivée. Il pourrait donc trouver une issue de secours, soit en abandonnant ce projet, soit en le modifiant pour le rendre plus acceptable. Mais le temps presse, et la pression ne cesse de monter.
D'ici là, le monde du football retient son souffle. L'issue de ce bras de fer pourrait redéfinir l'équilibre des pouvoirs au sein de l'instance dirigeante du football mondial. Une chose est sûre : Gianni Infantino n'a jamais été aussi isolé depuis son accession à la présidence en 2016.



