La Feria de Béziers 2026 a enregistré une fréquentation en baisse de 2 000 personnes par rapport à l'année précédente, selon Olivier Margé, dirigeant de Betarra, la société gestionnaire des arènes. Malgré ce repli, il se dit globalement satisfait du contenu tauromachique et espère que cette édition aidera l'entreprise, actuellement en redressement judiciaire, à envisager l'avenir avec plus de sérénité.
Un bilan contrasté pour la Feria 2026
Olivier Margé, qui dirige Betarra aux côtés de Sébastien Castella, devenu actionnaire majoritaire il y a quelques mois, a livré son analyse au lendemain de la clôture de la Feria. Interrogé par Midi Libre, il reconnaît avoir eu « très peur au début », car mercredi et jeudi, l'affluence était inférieure aux années précédentes. Au final, la billetterie des arènes (corridas, novilladas et spectacles familiaux du soir) affiche 2 000 entrées de moins que l'an dernier. « Ce n'est pas si dramatique », tempère-t-il.
Sur les quatre jours de feria, environ 30 000 personnes ont été accueillies aux arènes, un chiffre qu'il juge non négligeable. Les trois premières corridas ont réuni près de 6 000 spectateurs chacune, avec un pic pour celle du vendredi, mettant à l'affiche Roca Rey. En revanche, la corrida de l'élevage Margé, dimanche, a été une déception. « C'est comme ça quand on est éleveurs, il arrive qu'on passe au travers », explique Olivier Margé, qui est également éleveur. Il évoque un accident subi par le novillero Victor, qui a reçu un choc et a été mis KO, mais précise qu'il va mieux.
L'avenir de la corrida Margé en question
Interrogé sur le maintien de la corrida Margé à l'avenir, Olivier Margé répond sans détour : « Non, s'ils ne sont pas bons. Car Betarra veut les meilleurs cartels. » Il précise toutefois que l'élevage ne sera pas blacklisté pour une seule corrida, soulignant que « la génétique n'est pas une science exacte ». Il rappelle qu'un toro a été gracié à Istres il y a un mois et qu'une grande corrida a eu lieu à Nîmes. « On ne prend pas de décision à chaud », ajoute-t-il, tout en reconnaissant qu'à Béziers, « il y a du caractère, ce côté sudiste, il faut couper les têtes ».
Le redressement judiciaire, un « mal pour un bien »
Betarra est actuellement en redressement judiciaire. Olivier Margé se veut positif : « Oui, c'est positif. Betarra s'est redressée. » Il estime que le redressement est « un mal pour un bien » et que des stratégies économiques et commerciales doivent être envisagées, comme pour toute entreprise. Un bilan doit être fait avec Sébastien Castella dans une dizaine de jours pour évoquer les stratégies de développement et préparer d'autres événements l'an prochain. « Des décisions seront prises pour le bien de Betarra », assure-t-il, ajoutant que la période d'observation prévue par le redressement permettra à la société de continuer d'entreprendre.
Quant à l'éventualité d'un retour des arènes en régie municipale, Olivier Margé ne ferme pas la porte : « On ne ferme pas la porte à d'autres décisions ou tactiques économiques pour Betarra. Mais on va continuer sur notre ligne de conduite. » Il souligne que malgré les difficultés, le chiffre d'affaires est identique et que « du monde vient aux arènes », ce qui constitue « une lueur d'espoir ».



