Le nombre d'entreprises françaises en situation de difficulté financière continue de battre des records, selon les dernières données de la Banque de France publiées ce jeudi 16 juillet 2026. Au premier semestre 2026, 65 432 entreprises ont été placées en procédure de sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire, soit une augmentation de 12 % par rapport à la même période en 2025.
Un contexte économique tendu
Cette hausse s'inscrit dans un contexte de ralentissement économique et de resserrement des conditions de crédit. La Banque de France souligne que les secteurs les plus touchés sont le commerce de détail, la construction et l'hôtellerie-restauration. Selon l'institution, « la situation reste préoccupante malgré les mesures de soutien mises en place par le gouvernement ».
Des chiffres qui inquiètent
Le nombre de défaillances d'entreprises n'avait jamais été aussi élevé depuis la création de cet indicateur en 1993. En 2025, le total annuel avait déjà atteint 120 000, un record historique. Les experts estiment que le chiffre pourrait dépasser 130 000 en 2026 si la tendance se poursuit.
Les petites et moyennes entreprises (PME) sont particulièrement vulnérables, représentant 85 % des défaillances. Les TPE (très petites entreprises) sont les plus exposées, avec une hausse de 15 % des procédures collectives.
Les causes de cette dégradation
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : la hausse des taux d'intérêt, l'inflation persistante, et la baisse de la consommation des ménages. La Banque de France note également que « les entreprises ayant accumulé des dettes durant la pandémie de Covid-19 peinent à les rembourser ».
Le gouvernement a annoncé des mesures d'urgence, notamment un renforcement du fonds de solidarité et un accès facilité au prêt garanti par l'État (PGE). Cependant, les syndicats d'entrepreneurs jugent ces mesures insuffisantes.
Un impact sur l'emploi
Ces défaillances entraînent des pertes d'emplois massives. Selon l'étude, près de 200 000 emplois sont menacés directement par les procédures en cours. Les régions les plus touchées sont l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d'Azur.
« Nous assistons à une hécatombe dans le tissu économique local », déclare Jean-Pierre Durand, président de la Confédération des PME. Il appelle à une action plus vigoureuse de l'État pour éviter une crise sociale majeure.
Perspectives pour la fin d'année
La Banque de France prévoit une légère amélioration au second semestre, grâce à la baisse attendue des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Toutefois, elle estime que le nombre de défaillances restera élevé, autour de 60 000 pour le second semestre.
Les experts recommandent aux entreprises de renforcer leur trésorerie et de diversifier leurs sources de financement. « La prudence est de mise pour les mois à venir », conclut la Banque de France.



