Une décision radicale pour la pérennité de l'entreprise
Edouard Sauer, 40 ans, président de KS Groupe, une entreprise familiale de BTP basée à Strasbourg, a pris une décision surprenante : il a choisi de léguer sa société à une fondation et à ses salariés, déshéritant ainsi ses enfants. Cette démarche, rare dans le monde des affaires, vise à assurer la continuité de l'activité et à préserver l'esprit familial de l'entreprise.
Dans un entretien, Edouard Sauer explique : « Nous ne sommes pas juste des patrons actionnaires avec des privilèges, nous sommes aussi des citoyens et, quand l’ascenseur social ne fonctionne plus, nous devons nous remettre en question. » Cette philosophie contraste avec celle de nombreux dirigeants dynastiques, comme Bernard Arnault, PDG de LVMH.
Un héritage transformé en projet collectif
KS Groupe, fondé par son grand-père en 1958, compte aujourd'hui 12 filiales, 500 salariés et réalise 170 millions d'euros de chiffre d'affaires. Edouard Sauer a développé l'entreprise avec succès, mais il a choisi de ne pas transmettre le capital à ses enfants. À la place, il a mis en place un mécanisme de donation à une fondation, qui deviendra actionnaire majoritaire, tandis que les salariés recevront des parts de l'entreprise.
Cette décision, bien que radicale, est motivée par la volonté de pérenniser l'activité et de maintenir l'indépendance de KS Groupe. « Je veux que l'entreprise reste libre et ne soit pas vendue à des fonds d'investissement », précise-t-il. Le modèle choisi s'inspire de celui des entreprises coopératives, où les salariés ont leur mot à dire dans les décisions stratégiques.
Un exemple pour le monde des affaires ?
Cette initiative pourrait inspirer d'autres chefs d'entreprise à repenser la transmission de leur patrimoine. En France, la transmission d'entreprise est un enjeu majeur, avec des milliers de PME familiales qui doivent trouver un repreneur chaque année. La solution choisie par Edouard Sauer offre une alternative intéressante, alliant philanthropie et responsabilité sociale.
Les réactions sont partagées : certains saluent un geste audacieux et altruiste, tandis que d'autres s'interrogent sur les conséquences pour les enfants. Edouard Sauer assume son choix : « Mes enfants comprendront un jour que l'important n'est pas de posséder, mais de construire et de transmettre des valeurs. »
Cette histoire illustre une nouvelle ère dans le capitalisme français, où certains patrons cherchent à concilier réussite économique et engagement citoyen.



