Droits de douane US : l'UE dénonce une violation de l'accord de Turnberry
Droits de douane US : l'UE dénonce une violation

Bruxelles fustige Washington pour manquement à l'accord de Turnberry

L'Union européenne a vivement réagi ce lundi à l'annonce par les États-Unis de nouveaux droits de douane sur des produits européens, estimant que cette décision constitue une violation flagrante de l'accord de Turnberry conclu en 2021. Cet accord, signé sous l'administration Biden, prévoyait une trêve dans le conflit commercial lié aux subventions aux constructeurs aéronautiques Boeing et Airbus.

La Commission européenne a indiqué dans un communiqué que les mesures américaines, qui imposent des taxes supplémentaires sur des biens allant de l'acier au vin, sont "injustifiées et contraires aux engagements pris". Bruxelles a également prévenu qu'elle préparait des contre-mesures proportionnées, conformément aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Un conflit commercial qui resurgit

Les nouveaux droits de douane, annoncés par le représentant américain au Commerce, Katherine Tai, visent à compenser les pertes subies par Boeing en raison des aides illégales accordées à Airbus, selon Washington. L'UE conteste cette évaluation et rappelle que l'accord de Turnberry avait suspendu ces taxes pour une période de cinq ans, dans l'attente d'une solution négociée.

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"Nous regrettons profondément cette décision unilatérale qui remet en cause l'esprit de coopération qui prévalait depuis 2021", a déclaré le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis. Il a ajouté que l'UE est prête à engager des discussions, mais ne restera pas les bras croisés face à ce qu'il qualifie de "mesures protectionnistes".

Des répercussions économiques immédiates

Les droits de douane concernent environ 4 milliards de dollars d'exportations européennes, selon des sources proches du dossier. Les secteurs les plus touchés sont l'agriculture, l'industrie mécanique et les produits de luxe. La France, premier exportateur de vin vers les États-Unis, s'est dite particulièrement préoccupée.

Le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, a qualifié la décision américaine de "coup dur pour le commerce transatlantique" et a appelé à une réponse européenne ferme et unie. "Nous ne pouvons accepter que nos producteurs soient pénalisés pour un différend qui les dépasse", a-t-il insisté.

Vers une escalade ou une négociation ?

Alors que les relations commerciales entre les deux blocs étaient déjà tendues sur d'autres sujets, comme le subventions vertes américaines de l'Inflation Reduction Act, cette nouvelle friction pourrait compliquer les discussions à venir. Bruxelles espère toutefois que Washington reviendra à la table des négociations avant que les contre-mesures n'entrent en vigueur, prévues pour octobre prochain.

L'UE a jusqu'à présent évité de chiffrer précisément les droits de douane de rétorsion qu'elle envisage, mais des sources diplomatiques évoquent un montant équivalent à celui imposé par les États-Unis. Les deux parties ont jusqu'à la fin du mois pour trouver un terrain d'entente, sous peine de voir le conflit s'envenimer.

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