DP World, l'opérateur portuaire basé à Dubaï, a propulsé les Émirats arabes unis au rang de puissance portuaire et logistique mondiale. Avec 82 ports sous gestion dans 40 pays, l'entreprise a enregistré une hausse de 15% de son chiffre d'affaires en 2025, atteignant 12,3 milliards de dollars, selon son rapport annuel publié en mars 2026.
Une expansion fulgurante depuis 2005
Fondée en 2005 par la fusion de la Dubai Ports Authority et de Dubai Ports International, DP World a rapidement étendu son emprise. Le groupe contrôle désormais des terminaux clés sur les routes maritimes les plus fréquentées, de Rotterdam à Hong Kong, en passant par le port de Djibouti. Cette croissance a été alimentée par une stratégie d'acquisitions agressive, notamment le rachat de P&O Ports en 2006 pour 6,8 milliards de dollars.
« DP World a su tirer parti de la position stratégique de Dubaï, carrefour entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique », explique Ahmed bin Sulayem, PDG de DP World, cité dans le rapport. « Notre objectif est de connecter 70% de l'économie mondiale via nos infrastructures d'ici 2030. »
Un impact majeur sur l'économie émiratie
Le secteur portuaire et logistique représente désormais 25% du PIB des Émirats arabes unis, contre 10% en 2010. DP World emploie plus de 50 000 personnes dans le monde, dont 15 000 aux Émirats. Le port de Jebel Ali, le plus grand du Moyen-Orient, a traité 19,3 millions de conteneurs équivalents vingt pieds (EVP) en 2025, soit une augmentation de 8% par rapport à l'année précédente.
Cette performance s'inscrit dans un contexte de reprise du commerce mondial après les perturbations liées à la pandémie et aux tensions géopolitiques. Les investissements dans la digitalisation, notamment via la plateforme logistique « World Logistics Passport », ont permis d'optimiser les flux et de réduire les coûts de 12% pour les clients.
Des défis à relever
Malgré ces succès, DP World fait face à des critiques sur ses pratiques sociales et environnementales. Une enquête de 2025 menée par l'ONG Transport & Environment a révélé que les émissions de CO2 des terminaux de DP World ont augmenté de 6% en 2024, malgré des engagements de neutralité carbone d'ici 2040. Par ailleurs, des syndicats dénoncent les conditions de travail dans certains ports asiatiques, où les salaires seraient inférieurs de 30% à la moyenne du secteur.
« Nous avons mis en place un plan de transition énergétique avec un budget de 2 milliards de dollars pour électrifier nos équipements d'ici 2030 », rétorque le groupe dans un communiqué. Sur le plan social, DP World affirme avoir signé des accords avec l'Organisation internationale du travail pour améliorer les conditions de travail.
Perspectives d'avenir
DP World prévoit d'investir 5 milliards de dollars supplémentaires d'ici 2028 dans l'expansion de ses capacités, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est. Le groupe mise sur la croissance du commerce électronique et la demande croissante de chaînes d'approvisionnement résilientes. « Nous sommes en train de construire le futur du commerce mondial », conclut Ahmed bin Sulayem.



