Bernard Arnault, PDG de LVMH, applique une stratégie constante dans ses relations avec les dirigeants étrangers : privilégier les intérêts commerciaux de son groupe, quels que soient les régimes politiques. Cette approche, décrite comme du business first, l'a conduit à entretenir des liens étroits avec des personnalités aussi diverses que Donald Trump, Vladimir Poutine ou encore le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.
Des relations pragmatiques avec les puissants
Selon des sources proches du groupe, Arnault ne se laisse pas guider par des considérations idéologiques. Il rencontre régulièrement des chefs d'État pour négocier des implantations, des avantages fiscaux ou des partenariats. Avec Donald Trump, il a su tirer parti de la proximité de ce dernier avec le monde des affaires. En 2017, LVMH a annoncé l'ouverture d'une usine de parfums en Louisiane, créant 1 000 emplois, un projet salué par Trump. Arnault a également été invité à dîner à la Maison-Blanche.
Avec Vladimir Poutine, les affaires ont prospéré. LVMH possède plusieurs magasins à Moscou et a investi dans des vignobles en Crimée après l'annexion de 2014, malgré les sanctions européennes. Un ancien cadre de LVMH confie : « Bernard ne laisse jamais la politique entraver les opportunités commerciales. Pour lui, un contrat est un contrat. »
Une stratégie qui rapporte
Cette approche a permis à LVMH de devenir le premier groupe de luxe mondial, avec un chiffre d'affaires de 86 milliards d'euros en 2025. Les relations avec les dirigeants étrangers facilitent l'accès à des marchés clés, comme la Chine, où Arnault a rencontré Xi Jinping à plusieurs reprises. En Arabie saoudite, LVMH a signé un accord de 2 milliards d'euros pour développer des centres commerciaux de luxe, en partenariat avec le fonds souverain dirigé par Mohammed ben Salmane.
Critiqué par des ONG pour son manque de considération éthique, Arnault assume cette stratégie. Interrogé par Le Monde, il a déclaré : « Mon devoir est de défendre les intérêts de LVMH et de ses 200 000 employés. Je ne suis pas un diplomate, je suis un entrepreneur. »
Des liens parfois controversés
Cette politique n'est pas sans susciter des polémiques. En 2022, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, LVMH a maintenu ses activités en Russie pendant plusieurs mois, avant de les suspendre sous la pression. De même, ses relations avec l'Arabie saoudite ont été critiquées après l'assassinat de Jamal Khashoggi. Mais pour Arnault, les affaires priment. Un analyste financier explique : « LVMH est un groupe global, et Arnault agit en conséquence. Il ne peut pas se permettre de boycotter des pays entiers. »
Cette stratégie business first fait de Bernard Arnault un acteur incontournable de la diplomatie économique mondiale, où les contrats priment sur les valeurs.



