Darmanin à Alger : reprise de la coopération judiciaire franco-algérienne
Darmanin à Alger pour relancer la coopération judiciaire (18.05.2026)

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a été reçu ce lundi à Alger par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, dans le cadre d'une visite visant à apaiser les relations bilatérales, mises à mal par des crises récurrentes. L'entretien, qui a duré deux heures et demie, a permis d'aborder les modalités d'un renouveau de la confiance entre les deux pays.

Une rencontre au sommet pour renouer les liens

À l'issue de la rencontre, Gérald Darmanin a salué un « très long échange » avec le chef de l'État algérien, insistant sur la nécessité de « renouer la confiance entre deux pays qui se respectent, la France et l'Algérie ». Arrivé dimanche, le ministre avait déjà tenu plusieurs réunions de travail avec son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, marquant ainsi, selon le ministère français, « après deux années d'interruption totale, la reprise concrète de notre coopération judiciaire opérationnelle ».

Le cas Christophe Gleizes au cœur des discussions

Le garde des Sceaux a précisé avoir évoqué avec les autorités algériennes le cas de Christophe Gleizes, journaliste sportif arrêté en Algérie et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Sa famille a annoncé qu'il avait retiré en mars un pourvoi en cassation, une démarche visant à ouvrir la voie à une possible grâce présidentielle.

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Relance de la coopération judiciaire et lutte contre la criminalité

La priorité consistait également à relancer une collaboration judiciaire « extrêmement ralentie ». Gérald Darmanin a indiqué avoir discuté de la coopération pénitentiaire, de la lutte contre la criminalité organisée, du dossier de la « DZ mafia » (cartel d'organisations criminelles originaire de Marseille) et de l'affaire des biens mal acquis. Il a précisé que les autorités algériennes avaient formulé « une centaine de demandes » pour récupérer « les biens nés, malheureusement, de la corruption », en allusion aux avoirs que des responsables algériens, notamment liés à l'ancien régime d'Abdelaziz Bouteflika, auraient acquis illégalement et placés en France.

Des avancées concrètes sur le terrain

L'embellie se traduit déjà par une « reprise importante » des laissez-passer consulaires pour les expulsions d'individus dangereux vers l'Algérie, passant de zéro à « quelques centaines » ces derniers mois. Le ministre a souligné le partage de « difficultés communes » face aux mafias qui « font venir de la drogue et qui touchent particulièrement notre jeunesse ». Il a également évoqué des échanges « de très précieuses informations » et des demandes d'extraditions réciproques. Gérald Darmanin a invité les responsables judiciaires algériens à Paris début juin pour approfondir ces dossiers, notamment les saisies et confiscations visant d'anciens responsables du régime algérien.

Un contexte de tensions anciennes

Les tensions entre Paris et Alger avaient culminé à l'été 2024 lorsque la France a soutenu un plan d'autonomie sous « souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental, provoquant le rappel de l'ambassadeur algérien. Depuis, plusieurs épisodes ont entretenu les crispations : la détention de l'écrivain Boualem Sansal, celle de Christophe Gleizes, ou encore l'incarcération en France d'un agent consulaire algérien. « L'enjeu aujourd'hui est de rétablir la confiance », analyse le média TSA Algérie.

Signes de détente

La visite de Gérald Darmanin s'inscrit dans une série de gestes d'apaisement : le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez s'était rendu à Alger en février, suivi en mai par la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo. En retour, le ministre algérien de l'Intérieur Saïd Sayoud se rendra à Paris dans « quelques jours », a annoncé Laurent Nuñez.

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