Entre la guerre au Moyen-Orient, en Ukraine et la hausse des prix du carburant, Olivier Gavalda, le patron du Crédit agricole, tire la sonnette d’alarme. Le dirigeant a dressé mercredi un tableau très sombre de la situation économique et géopolitique mondiale, estimant que « rien ne pousse à l’optimisme », et alerté sur les conséquences en matière de consommation et d’investissement.
Un contexte géopolitique explosif
« À la guerre en Ukraine, dont tous les impacts politiques et économiques ne sont pas encore dénombrés, s’ajoute désormais le conflit au Moyen-Orient, dont les conséquences directes sont perceptibles dans le monde entier : hausse des prix de l’énergie, rupture d’approvisionnement dans certaines zones du monde », a listé le dirigeant devant les actionnaires de la banque, réunis à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) à l’occasion de l’assemblée générale annuelle.
En conséquence, « certains secteurs d’activité sont déjà très affaiblis comme le transport, la chimie, mais aussi l’agriculture, la pêche, le tourisme ou le luxe », a-t-il continué.
Un deuxième acteur bancaire européen sous pression
Le frémissement de l’inflation au mois d’avril rend davantage probable une hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), a poursuivi Olivier Gavalda, « ce qui pourrait entraîner dans la foulée une baisse de la consommation et de l’investissement ». D’ailleurs, « les données internes que nous analysons laissent à penser une nette baisse du climat des affaires et une érosion sensible de la confiance des ménages », a-t-il souligné. « En synthèse, rien ne pousse à l’optimisme pour les semaines à venir », a conclu Olivier Gavalda.
Le Crédit agricole, qui se présente comme le deuxième acteur bancaire européen, n’a pas encore senti ce sombre constat dans ses comptes : la banque a publié fin avril un bénéfice net en hausse au premier trimestre, à 2,1 milliards d’euros. Le dirigeant est également revenu brièvement sur les ambitions du groupe en Italie, où la banque avance notamment ses pions dans la banque locale Banco BPM. Olivier Gavalda a partagé à ce propos son « objectif de renforcer nos positions dans ce pays » et indiqué que la banque avait vocation à « jouer un rôle actif dans la consolidation bancaire européenne ».



