Lionel Collet, président de la Haute Autorité de santé (HAS), a dénoncé vendredi 12 juin 2026 des pressions « dans des proportions jamais vues » de la part de l'industrie pharmaceutique. Lors d'un entretien accordé au Monde, il a souligné que ces tentatives d'influence visent à orienter les décisions de la HAS concernant le remboursement des médicaments.
Des pressions croissantes sur les experts
Selon Lionel Collet, les laboratoires pharmaceutiques multiplient les démarches agressives, allant de sollicitations répétées à des menaces juridiques, pour peser sur les avis des experts. Il a notamment évoqué des cas où des sociétés ont contesté en justice des décisions défavorables, cherchant à retarder le processus d'évaluation. « Nous assistons à une escalade sans précédent, avec des pressions qui se sont intensifiées depuis deux ans », a-t-il déclaré.
Un risque pour la transparence et l'indépendance
Le président de la HAS a insisté sur le danger que ces pratiques représentent pour la transparence et l'indépendance de l'institution. « Si nous cédons à ces pressions, c'est la crédibilité de tout le système de santé qui est en jeu », a-t-il averti. Il a appelé à un renforcement des protections juridiques pour les experts et à une meilleure régulation des relations entre l'industrie et les autorités sanitaires.
Des mesures de protection envisagées
Face à cette situation, la HAS envisage de mettre en place des mesures de protection supplémentaires, comme l'anonymisation des experts dans certains dossiers sensibles. Lionel Collet a également plaidé pour une révision des règles de conflits d'intérêts et pour un suivi plus strict des interactions entre les laboratoires et les évaluateurs.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs affaires récentes ont mis en lumière les liens étroits entre l'industrie pharmaceutique et les instances décisionnelles. La HAS, chargée d'évaluer l'efficacité des médicaments et de déterminer leur prise en charge par l'assurance maladie, se trouve au cœur de ces enjeux.
Lionel Collet a conclu en appelant à une prise de conscience collective : « Il est temps que les pouvoirs publics et la société civile se mobilisent pour préserver l'intégrité de nos institutions sanitaires. »



