Collectif de victimes se forme contre le boulanger Mehdi Herz
Collectif contre Mehdi Herz : des professionnels se mobilisent

Des artisans boulangers, entrepreneurs, prestataires de services, fournisseurs de matériels professionnels ou de denrées alimentaires, mais aussi investisseurs ou salariés : une dizaine de professionnels de Paris et de sa région, qui ne se connaissaient pas il y a encore quelques mois, se sont découvert un point commun en lisant les articles de « Sud Ouest » : Mehdi Herz. Ce boulanger des Yvelines a tenté d’acquérir la maison Baillardran en mars dernier, après avoir mis la main sur les boutiques de Be my cookies à Bordeaux le même mois.

Un collectif pour stopper les agissements

Le 18 mai, ces professionnels annoncent la création, depuis Paris, d’un collectif pour « stopper ses agissements où qu’il soit ». Ses fondateurs ne doutent pas d’être rapidement rejoints par des professionnels de Bordeaux et ses environs, où Mehdi Herz développe ses entreprises depuis fin 2025, voire d’autres régions de France. Yves Romestan, président de YRSA Communications, craint que « le nombre de victimes de Mehdi Herz soit beaucoup plus important que ce que l’on a déjà pu recenser ». Bixente Larroudé, boulanger au Vésinet dans les Yvelines, se défend de « tout esprit de vengeance ».

Objectif : actions en justice communes

L’association, nommée « Le Collectif des victimes de Mehdi et Sarah Herz », vise à « rassembler un maximum de personnes pour entamer des actions en justice communes », explique Bixente Larroudé. Le collectif s’attache les services du cabinet d’avocats parisiens L & B Avocats, spécialiste du droit des affaires en France et à l’international. Il annonce prochainement « lancer des procédures au pénal et au civil » contre Mehdi Herz et ses sociétés (holdings Au jardin d’Eden et Groupe Herz France), « mais aussi contre Sarah Herz, son épouse, qui est coresponsable ». Celle-ci a pris la direction des entreprises depuis mars, après les condamnations à des interdictions de gérer prononcées contre son mari par le tribunal des activités économiques de Versailles.

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Mehdi Herz promet de s'expliquer

Mehdi Herz a recontacté « Sud Ouest » le 18 mai, après des semaines de silence. Il refuse de « s’expliquer par téléphone » mais promet une rencontre en début de semaine prochaine à Bordeaux, « où [il] répondra en toute transparence ». Il déclare « arriver seulement ce soir à Paris » et affirme : « Et là je vous dirai tout et je vous montrerai tout, car tout ce qui a été dit est complètement faux ». Il s’estime victime de « calomnie en bande organisée » et prévient : « vous allez être surprise » par des révélations reposant « sur des écrits et des écoutes datés ». S’il convient avoir commis des erreurs, il se dit prêt « à réparer les erreurs » et plaide la bonne foi d’un « simple artisan » qui veut « seulement faire de bons gâteaux ». Il justifie son silence d’un mois par la préparation des appels contre les condamnations d’interdiction de gérer.

Appel à victimes et site Internet

Marion Lerrelu, directrice et fondatrice d’Admin Office, est nommée secrétaire générale du collectif. Elle annonce un « appel à victimes et à témoins » via l’adresse mail recours.collectif2026@gmail.com. D’ici la fin de la semaine, le collectif diffusera un communiqué de presse et ouvrira un site Internet. Depuis le début des années 2020, nombreux sont les propriétaires de fonds de commerce de boulangerie à ne pas avoir engagé d’action en justice contre Mehdi Herz, trop contents de récupérer leurs locaux après de longues procédures d’expulsion. D’autres ont préféré préserver la réputation de leur établissement sous couvert d’anonymat. La constitution de ce collectif pourrait bien lever leurs réticences.

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