Eric Ciotti et l'UDR : laboratoire ultralibéral du RN au poids croissant
Ciotti et l'UDR : l'aile ultralibérale du RN monte en puissance

L'Union des droites pour la République (UDR), le parti fondé par Eric Ciotti après son départ des Républicains, s'affirme comme un laboratoire ultralibéral au sein du Rassemblement national (RN). Selon une enquête du Monde, cette formation gagne en influence et pèse désormais sur les orientations économiques du parti de Marine Le Pen.

Un parti en croissance rapide

L'UDR revendique aujourd'hui près de 15 000 adhérents, soit une augmentation de 40 % depuis janvier 2026. Ce dynamisme attire l'attention au sein du RN, où certains cadres voient d'un bon œil cette aile libérale qui contrebalance les tendances souverainistes et protectionnistes historiques.

Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, a multiplié les interventions médiatiques pour promouvoir des mesures comme la baisse des impôts, la réduction des dépenses publiques et la dérégulation du marché du travail. « Nous voulons une droite qui assume pleinement le libéralisme économique, sans complexe », a-t-il déclaré lors d'un meeting à Nice en mai dernier.

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Des propositions qui séduisent au RN

Plusieurs propositions de l'UDR ont été reprises dans le programme économique du RN pour les prochaines élections législatives. Parmi elles, la suppression de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) et la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité. « L'UDR apporte une expertise libérale qui manquait au RN. C'est une force de proposition utile », confie un conseiller de Marine Le Pen sous couvert d'anonymat.

Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, 62 % des sympathisants RN se déclarent favorables à une ligne économique plus libérale, contre 38 % qui préfèrent une orientation protectionniste. Ce chiffre illustre le potentiel de l'UDR à influencer le parti.

Des tensions avec l'aile sociale

Cependant, cette montée en puissance suscite des résistances. L'aile sociale du RN, incarnée par des figures comme Sébastien Chenu, craint que l'ultralibéralisme n'éloigne le parti de son électorat populaire. « Nous ne devons pas devenir le parti des riches. Notre priorité reste la protection des travailleurs français », a rappelé Chenu lors d'une réunion interne.

Malgré ces divergences, la direction du RN semble vouloir ménager les deux sensibilités. Marine Le Pen elle-même a salué le « travail sérieux » de l'UDR tout en réaffirmant son attachement à une « économie au service du peuple ».

Un avenir prometteur pour Ciotti

Eric Ciotti, qui avait quitté LR après l'élection présidentielle de 2022, voit son pari réussi. Son parti, bien que modeste en taille, occupe une place croissante dans le paysage politique français. « L'UDR est devenue un think tank incontournable pour la droite libérale. Nous pesons sur les décisions, et ce n'est que le début », assure un proche de Ciotti.

Les analystes estiment que l'influence de l'UDR pourrait encore s'accroître si le RN accède au pouvoir. « Ciotti prépare déjà des réformes pour un éventuel gouvernement. Il veut être le architecte de la rupture libérale », analyse le politologue Jean-Yves Camus.

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