Le taux de chômage en France a atteint 8,3% de la population active au deuxième trimestre 2026, selon les données publiées par l'Insee. C'est son niveau le plus élevé depuis l'automne 2020, marquant une dégradation notable du marché du travail.
Une hausse continue depuis un an
Cette augmentation s'inscrit dans une tendance haussière observée depuis plusieurs trimestres. Au premier trimestre, le taux s'établissait à 8,1%, et il était de 7,9% un an plus tôt. La progression est donc régulière, avec une accélération récente.
Les jeunes et les seniors particulièrement touchés
Selon l'Insee, le chômage des jeunes (15-24 ans) atteint 19,6%, en hausse de 0,4 point par rapport au trimestre précédent. Les seniors (50 ans et plus) enregistrent un taux de 5,2%, contre 5,0% au premier trimestre. Les femmes sont également plus affectées que les hommes, avec un taux de 8,7% contre 7,9%.
Des disparités régionales marquées
Les écarts régionaux se creusent. L'Île-de-France affiche un taux de 7,2%, tandis que les Hauts-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur dépassent les 10%. Ces disparités reflètent des dynamiques économiques contrastées.
Les économistes s'inquiètent de la tendance
Pour les économistes, cette hausse est le signe d'un ralentissement de l'activité économique. « La dégradation du marché du travail est préoccupante, car elle pourrait s'accentuer dans les prochains mois », a déclaré à Libération l'économiste Mathieu Plane, de l'OFCE. Il souligne que les créations d'emplois se tarissent et que les secteurs de l'industrie et de la construction sont en difficulté.
Le gouvernement annonce des mesures
Face à cette situation, le ministère du Travail a annoncé un plan de soutien à l'emploi, comprenant des aides à l'embauche pour les PME et un renforcement des dispositifs de formation. « Nous devons agir rapidement pour inverser la tendance », a indiqué la ministre déléguée chargée de l'Emploi, Astrid Panosyan-Bouvet.
Un impact sur le pouvoir d'achat
Cette hausse du chômage a des conséquences directes sur le pouvoir d'achat des ménages et sur les finances publiques. Les dépenses d'indemnisation augmentent, tandis que les recettes de cotisations diminuent. Le déficit public pourrait se creuser davantage, compliquant la trajectoire budgétaire du gouvernement.
Vers une remontée durable ?
Les prévisions pour les prochains mois restent sombres. L'Insee table sur un taux de chômage de 8,5% en fin d'année. Certains experts évoquent même un pic à 9% en 2027. La reprise dépendra de la conjoncture internationale et des effets des politiques publiques mises en œuvre.



