Le fondateur et ancien président du géant chinois de l'immobilier Evergrande, Hui Ka Yan, a été condamné à la réclusion à perpétuité par un tribunal de la ville de Shenzhen, dans le sud de la Chine. La sentence a été prononcée mercredi 20 août 2026, marquant l'épilogue judiciaire de l'une des plus retentissantes faillites de l'histoire économique chinoise.
Des accusations de fraude massive
Selon le jugement rendu public par les autorités judiciaires, Hui Ka Yan a été reconnu coupable de « collecte illégale de fonds auprès du public » et de « fraude financière ». Le tribunal a estimé que le dirigeant avait orchestré un système de levée de capitaux non conforme à la réglementation chinoise, tout en dissimulant la situation financière réelle du groupe. La peine maximale, la prison à vie, a été requise et appliquée, sans possibilité de libération conditionnelle avant une période de vingt ans.
Le groupe Evergrande, autrefois premier promoteur immobilier de Chine, s'est effondré en 2021 sous le poids d'une dette colossale estimée à plus de 300 milliards de dollars. La chute de l'entreprise a provoqué des turbulences sur les marchés financiers mondiaux et a contraint le gouvernement chinois à intervenir pour stabiliser le secteur immobilier, qui représente une part significative de l'économie nationale.
Une procédure judiciaire exemplaire pour le régime
La condamnation de Hui Ka Yan s'inscrit dans une série de poursuites engagées par les autorités chinoises contre des dirigeants d'entreprises privées jugées responsables de crises financières. Le procès, qui s'est déroulé à huis clos, a duré plusieurs mois. Selon des sources proches du dossier, les juges ont retenu que Hui Ka Yan avait personnellement ordonné la création de comptes offshore et la dissimulation de pertes auprès des investisseurs et des créanciers.
L'ancien magnat de l'immobilier, âgé de 67 ans, a également été condamné à une amende de 20 millions de yuans (environ 2,6 millions d'euros). Ses biens personnels, estimés à plusieurs centaines de millions de dollars avant la faillite, ont été saisis par l'État. Le tribunal a précisé que les actifs confisqués serviront à rembourser partiellement les créanciers, notamment des banques chinoises et des détenteurs d'obligations.
Conséquences pour le secteur immobilier chinois
Cette condamnation intervient alors que le gouvernement chinois tente de rassurer les investisseurs étrangers et nationaux sur la stabilité de son marché immobilier. Depuis l'effondrement d'Evergrande, plusieurs autres promoteurs, comme Country Garden et Sunac, ont également rencontré des difficultés financières, mais aucun n'a connu une faillite aussi spectaculaire.
Les analystes estiment que la peine infligée à Hui Ka Yan envoie un signal fort aux dirigeants d'entreprises : la dissimulation de dettes et la fraude financière entraîneront des sanctions pénales sévères. Le ministère chinois des Finances a indiqué que la procédure contre Hui Ka Yan s'inscrit dans le cadre de la « lutte contre la corruption et les pratiques illégales dans le secteur financier ».
L'ancien dirigeant d'Evergrande a jusqu'à dix jours pour faire appel de la décision. Ses avocats n'ont pas encore commenté publiquement le verdict. La justice chinoise a également annoncé que d'autres anciens cadres du groupe sont encore sous enquête, sans préciser leur identité ni le nombre de personnes concernées.



