ChapsVision remplacera Palantir à la DGSI
ChapsVision : le remplacement français de Palantir à la DGSI

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) va remplacer l'américain Palantir par la société française ChapsVision pour ses logiciels d'analyse de données, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, jeudi 29 juin. Ce contrat, d'un montant estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros sur cinq ans, marque un tournant dans la stratégie de souveraineté numérique du renseignement français.

Un changement de fournisseur majeur

Palantir, entreprise américaine fondée par Peter Thiel, fournissait ses logiciels à la DGSI depuis 2015. Le contrat arrivant à échéance, la DGSI a lancé un appel d'offres remporté par ChapsVision, une PME française basée à Paris et spécialisée dans l'analyse de données massives. Fondée en 2018 par Olivier Dufour, ChapsVision emploie 150 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros en 2022.

Le ministre a souligné que ce choix répond à une volonté de « renforcer notre souveraineté technologique » et de « privilégier des solutions européennes ». Selon lui, ChapsVision offre des performances équivalentes à celles de Palantir, tout en garantissant une meilleure maîtrise des données sensibles.

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Les détails du contrat

Le contrat, d'une durée de cinq ans, comprend la fourniture de logiciels d'analyse de données, de formation et de maintenance. Le montant exact n'a pas été divulgué, mais des sources proches du dossier évoquent une somme comprise entre 30 et 50 millions d'euros. ChapsVision devra notamment fournir des outils de « data fusion » permettant de croiser différentes sources d'information (téléphoniques, financières, etc.) pour faciliter les enquêtes.

Olivier Dufour, PDG de ChapsVision, a déclaré : « Nous sommes fiers de contribuer à la sécurité de nos concitoyens et de démontrer que la France dispose de talents capables de rivaliser avec les géants américains. » Il a ajouté que l'entreprise prévoit de recruter 50 personnes supplémentaires dans les prochains mois pour honorer ce contrat.

Impact sur le secteur du renseignement

Ce remplacement intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de méfiance croissante envers les technologies américaines. Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne et les Pays-Bas, ont également entamé des démarches pour réduire leur dépendance aux solutions américaines dans le domaine du renseignement.

Selon un rapport de l'Assemblée nationale publié en 2022, la DGSI dépense environ 10 millions d'euros par an pour ses logiciels d'analyse. Le contrat avec ChapsVision devrait permettre des économies, tout en offrant une plus grande flexibilité et une adaptation aux besoins spécifiques du service.

Réactions et perspectives

L'annonce a été saluée par plusieurs élus, notamment le député LREM Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID, qui a parlé d'« une excellente nouvelle pour notre souveraineté numérique ». En revanche, certains experts s'interrogent sur la capacité de ChapsVision à gérer un tel volume de données sensibles. « C'est un défi technique et humain considérable, mais l'entreprise a fait ses preuves dans le secteur privé », a tempéré un consultant spécialisé.

ChapsVision devra également se conformer aux exigences de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) en matière de protection des données. Le transfert des données de Palantir vers la solution française est prévu pour la fin de l'année 2023.

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