CCI Nice : des élus imposent une gouvernance collective face à la crise
CCI Nice Côte d'Azur : vers une gouvernance collective

À 17 mois des prochaines élections à la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Nice Côte d'Azur, le vent tourne. Une majorité des membres du bureau, soit six élus sur dix, a décidé de siffler la fin d'une gouvernance jugée « trop verticale » pour imposer un modèle plus collectif. Malgré « les meilleurs résultats financiers de toutes les chambres de commerce », le modèle d'organisation coinçait.

Un constat d'échec du système présidentiel

Cédric Messina, ancien directeur de campagne de Jean-Pierre Savarino, président de la chambre consulaire, l'affirme sans détour : « On s'était aperçu qu'il y avait le besoin d'une équipe et pas d'un système présidentiel. » Pourtant, le fonctionnement statutaire concentrait historiquement le pouvoir de manière verticale autour de la direction de cabinet et du président.

Des rémunérations jugées excessives

Le décalage entre les élus, tous bénévoles, et l'exécutif de la Chambre est devenu un point de friction. Cédric Messina, tout nouveau porte-parole de l'institution, soulève la question des rémunérations de l'exécutif face au privé : « Quand vous voyez que vous avez quasiment un comité de direction qui gagne sans doute beaucoup plus que beaucoup d'entrepreneurs, ça veut dire qu'on a raté quelque chose dans notre fonctionnement et qu'aujourd'hui le public parfois gagne plus que le privé. »

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Cédric Messina insiste sur la probité des élus : « Nous sommes tous bénévoles. Je crois qu'il n'y a aucun membre du bureau qui a demandé une seule note de frais. »

L'urgence économique et démographique

Si ces élus ont décidé d'accélérer la réforme, ce serait « surtout parce que les signaux économiques sont alarmants. Les chiffres nationaux parlent d'eux-mêmes, avec 76 000 liquidations enregistrées l'an dernier, un record », lâche le porte-parole de la CCI.

Cédric Messina, également coprésident du comité stratégique de la Chambre, tire la sonnette d'alarme sur l'avenir du territoire : « Il y a 12 000 sociétés dont le dirigeant a plus de 57 ans. Ça équivaut à 150 000 emplois. » À cette bombe à retardement démographique s'ajoute la révolution de l'intelligence artificielle. Par exemple, « 27 % des emplois sont menacés chez les avocats ». Cédric Messina s'interroge sur l'urgence d'une adaptation : « Est-ce qu'aujourd'hui à travers le campus de la formation, on ne peut pas faire de la formation continue ? »

Une gouvernance ouverte et transparente

Pour faire face à cette « tempête qui semble arriver », le président de la CCI, Jean-Pierre Savarino, qui ne se représentera pas à la fin de son mandat, a accepté d'ouvrir la gouvernance. Le comité stratégique a été renforcé et va s'ouvrir aux compétences extérieures pour devenir un véritable outil de décision. Cédric Messina et Fabienne Gastaud en prennent conjointement la tête.

L'autre grand chantier remporté par les élus consulaires est la fin de l'opacité sur les comptes annexes. Ils ont exigé et obtenu une « transparence totale sur les finances de l'ensemble des entités gérées par la CCI », un vaste réseau qui inclut notamment les studios de la Victorine, le parc d'activités logistiques (PAL) de Nice, mais aussi les ports d'Antibes (Gallice et Vauban), de Golfe-Juan et de Saint-Laurent-du-Var.

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