Chaque vendredi, Midi Libre s’immerge dans un quartier de Béziers pour donner la parole aux riverains et acteurs locaux : qu’attendent-ils du prochain maire ? Quels sont les enjeux des élections municipales pour le développement de ce secteur de la ville ? Pour lancer cette série, direction le quartier des arènes, où de nombreux commerçants ont ouvert dans une belle dynamique autour du monument.
Un quartier résidentiel et commerçant
Le soleil brille haut, au-dessus des arènes de Béziers, poumon attractif de tout un quartier, résidentiel et cossu derrière l’édifice de briques, vivant et commerçant le long de l’artère qui le dessert. Belles demeures, piscine, ancien hôpital de Perréal avec son architecture remarquable, chapelet de commerces de bouche de qualité : ce secteur de Béziers est sans nul doute le plus coté. Il se développe avec une belle dynamique autour du joyau patrimonial que sont les arènes. On y rencontre de nombreux néo-Biterrois mais aussi des professionnels ayant délaissé le centre-ville pour ce cadre aéré et cette ambiance tranquille.
Des commerçants séduits par le secteur
Isabelle Comminges fait partie de ceux qui ont misé sur le secteur. Avec son mari, elle a ainsi choisi d’ouvrir une seconde agence immobilière Century 21 à deux pas des arènes, il y a un an. Un choix réfléchi : "C’est le quartier des Biterrois. À titre personnel, on y a d’ailleurs investi", explique-t-elle. Le couple avait déjà une agence rue de la République. L’idée : "Se rapprocher des clients" et "bénéficier de l’attrait pour les arènes". "Les biens se vendent vite" confirme-t-elle. "Le quartier est recherché, les biens se vendent vite", mais ne sont pas si nombreux sur le marché. Au bout d’un an, le pari est réussi : "On s’y plaît bien, on est au plus près des vendeurs, on les côtoie tous les jours. Et on a fait le double de l’objectif prévu pour l’agence…"
Des riverains satisfaits mais vigilants
Au 2 avenue Claparède, l’artiste Anne Lavergne et son époux Philippe Revilliod font partie de ces nouveaux habitants ayant acquis une maison confortable, il y a 8 ans. Comme la plupart des personnes interrogées, ils affichent une grande satisfaction quant à leur choix et n’expriment guère d’attentes pour leur quartier. Les leurs étant déjà comblées : "Il n’y a rien à dire ! Si on a choisi de venir habiter ici, c’est parce que c’était calme. La sécurité est l’une des préoccupations des Français", souligne Philippe Revilliod, ancien ingénieur au CNES à Toulouse, aujourd’hui à la retraite. Après une avantageuse opération immobilière, il a tout de même vu ses impôts locaux doubler par rapport à Toulouse. "Mais pour améliorer les choses, la ville a besoin d’argent." Et en 8 ans, il a vu évoluer la cité positivement.
Une offre commerciale en plein essor
Ces dernières années, de nombreux commerçants se sont installés : à l’image du volailler Maison Selvo (après la fermeture des halles pour travaux de rénovation), de la boucherie charcuterie Maison Sénégas, qui a ouvert un lieu à la devanture accueillante, ou encore de l’Atelier des binocles pour ne citer qu’eux. Laurent Marquefabes, fleuriste depuis 10 ans sur l’avenue Claparède, a vu évoluer les choses : "On a une offre qui est top. On peut faire toutes ses courses dans le quartier. C’est une super force." Alors quel sera l’enjeu pour l’évolution de cette zone ? À la marge, le fleuriste estime qu’il manque un distributeur de billets : "C’est le seul hic."
Des projets pour dynamiser le quartier
D’autres pointent toutefois l’attention à avoir sur le stationnement et un manque d’animations à l’année, au-delà de l’incontournable Feria. Olivier Margé, le directeur de Betarra, la société gestionnaire des arènes, sait qu’il a entre les mains l’outil clé pour la dynamisation de toute la zone. "Bettara essaye de faire vivre les arènes au maximum. On peut en faire plus, sans que cela nuise aux riverains. Et pour que cela soit attractif pour les restaurants, etc. L’objectif est de créer plus d’événements, sans débordements." Des visites des arènes ? "On y travaille avec l’office de tourisme. On va essayer, dès 2026, de mettre en place des jours dédiés." Un hôtel de standing pourrait aussi voir le jour juste derrière le monument si le projet en cours du Mas des arènes se concrétise. De quoi donner encore davantage de lustre et de vie à cette belle endormie.



