Guerre au Moyen-Orient : le prix du bitume flambe, le BTP craint une pénurie
Bitume : flambée des prix et risque de pénurie dans le BTP

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient provoquent une envolée spectaculaire des prix du bitume, menaçant de paralyser les chantiers français dans les mois à venir. Alors que le blocage du détroit d’Ormuz perdure, les industriels se préparent désormais à une pénurie.

Un produit dérivé du pétrole sous pression

Cour d’école, voies de bus, parkings… Difficile de faire un pas sans le voir sous ses pieds : en ville comme à la campagne, le bitume est partout. Mais le prix de ce produit dérivé du pétrole est particulièrement exposé aux perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient. Si bien que des entreprises s’inquiètent aujourd’hui d’une possible pénurie. Car l’empêchement partiel ou total du passage de tankers dans le détroit d’Ormuz a fait flamber les prix de l’or noir et, par effet domino, ceux de bien d’autres produits.

Le 1er avril, le prix de la tonne de bitume a explosé, passant de 200 euros à 650 euros, a indiqué au Monde Olivier Henriet, à la tête de Polyasphalt Distribution.

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Des prix répercutés sur les clients

De nombreux acteurs du BTP regardent cette courbe grimper avec inquiétude : « Il suffit que Donald Trump parle un peu de travers une journée… Vous avez vu comment les cours du pétrole varient ? », s’agace auprès de franceinfo Philippe Poupart, chef de centrale de la société de travaux publics Dubrac TP. Les entreprises ne se font pas d’illusions : elles vont devoir répercuter cette hausse sur leurs clients, parfois des particuliers mais aussi des collectivités. Pour les départements qui comptaient boucher les nids-de-poule de leurs routes cet été ou créer une piste cyclable, la facture risque donc d’être bien plus salée qu’envisagé.

« Avec ces prix-là, il y a des cours d’école qui ne se feront pas cet été », regrette Francis Dubrac, PDG de Dubrac TP.

« Sans bitume, on ne tourne plus »

La situation géopolitique préoccupe d’autant plus les industriels qu’elle fait craindre une véritable pénurie. Parent pauvre du pétrole, le bitume est rarement prioritaire dans les raffineries, qui lui préfèrent le kérosène et l’essence. Pour les entreprises, une pénurie serait le pire des scénarios : « Sans bitume, on ne tourne plus », rappelle Philippe Poupart. Plusieurs raffineries à travers l’Europe ont déjà annoncé privilégier les routiers et les automobilistes au BTP.

« La Grèce exporte normalement beaucoup de bitume vers l’ouest de l’Europe, mais plus aucun tanker n’arrive », indique au Monde le négociant Olivier Henriet, qui ajoute ne pas exclure une pénurie en mai ou en juin.

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