BCE : hausse des taux malgré le ralentissement économique
BCE : hausse des taux malgré le ralentissement

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé ce jeudi une hausse de ses taux directeurs de 0,25 point de pourcentage, une décision qui intervient alors que la croissance économique en zone euro montre des signes de ralentissement. Cette hausse, la dixième consécutive, porte le taux de dépôt à 3,75%, son plus haut niveau depuis 2001.

Une décision motivée par l'inflation persistante

Dans son communiqué, la BCE justifie ce resserrement monétaire par la nécessité de lutter contre une inflation qui reste trop élevée. Malgré un récent reflux, l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, demeure à 5,3% en mai, bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par l'institution. Christine Lagarde, sa présidente, a souligné que "l'inflation devrait rester trop élevée pendant trop longtemps".

Des prévisions de croissance revues à la baisse

Cette hausse des taux intervient dans un contexte économique assombri. La BCE a nettement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2023 et 2024. Elle table désormais sur une progression du PIB de 0,7% cette année (contre 1% précédemment) et de 1,2% en 2024 (contre 1,6%). Les économistes de l'institution expliquent cette révision par un ralentissement plus marqué que prévu de l'activité manufacturière et une faiblesse persistante de la demande intérieure.

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Des risques de récession évoqués

Plusieurs analystes estiment que cette hausse des taux pourrait précipiter la zone euro dans une récession technique. L'Allemagne, première économie de la zone, est déjà entrée en récession au premier trimestre 2023. La France et l'Italie montrent également des signes de faiblesse. "La BCE prend le risque d'étouffer la croissance pour juguler l'inflation", commente un économiste de l'OFCE. La décision de la BCE a été suivie d'une baisse des Bourses européennes, les investisseurs craignant un ralentissement économique plus marqué.

Les réactions politiques

La décision de la BCE a suscité des critiques de la part de plusieurs gouvernements européens, notamment ceux du Sud de l'Europe, qui estiment que la politique monétaire restrictive pénalise les pays les plus endettés. En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a dénoncé une décision "idéologique" qui risque d'aggraver la crise économique. En France, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a appelé à une "pause" dans le cycle de hausse des taux, tout en reconnaissant la nécessité de lutter contre l'inflation.

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