Le maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, est visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour détournement de fonds publics. Cette enquête concerne son emploi à la RATP, où il a été recruté en 2019 comme chargé de mission auprès de la direction de la stratégie et de l'innovation, selon une information du Parisien confirmée par le parquet de Paris auprès de l'Agence France-Presse.
Une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris
L'enquête, ouverte le 29 juin, a été confiée à la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE). Elle vise à déterminer si les conditions de recrutement et de rémunération de Bally Bagayoko à la RATP étaient conformes à la réglementation. Selon le parquet, les investigations portent sur des soupçons de détournement de fonds publics, un délit passible de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende.
Un recrutement contesté en 2019
Bally Bagayoko, élu maire de Saint-Denis en 2020, a été recruté à la RATP en 2019, alors qu'il était déjà conseiller municipal. Selon le journal Le Parisien, il aurait été embauché comme chargé de mission auprès de la direction de la stratégie et de l'innovation, un poste dont la réalité des missions est interrogée. La rémunération annuelle brute de ce poste était d'environ 100 000 euros, selon le journal.
La RATP a indiqué, dans une réponse au Parisien, que le recrutement de Bally Bagayoko avait été effectué dans le cadre d'une procédure interne respectant les règles de l'entreprise. La régie de transport public affirme que l'intéressé a bien exercé ses fonctions et que son départ, en 2021, a été acté dans le cadre d'une rupture conventionnelle. Bally Bagayoko a quitté la RATP en 2021, après son élection à la mairie de Saint-Denis.
Des précédents dans la gestion des ressources humaines à la RATP
Cette affaire s'ajoute à une série de polémiques concernant les recrutements à la RATP. En 2022, une enquête du Canard enchaîné avait mis en lumière des recrutements de proches de personnalités politiques, notamment au sein du cabinet de la direction. La RATP avait alors annoncé un renforcement des contrôles internes et une charte de déontologie pour les recrutements.
Bally Bagayoko, membre du Parti communiste français, a été élu maire de Saint-Denis en 2020, succédant à Laurent Russier. Sa municipalité a lancé plusieurs projets de rénovation urbaine, notamment dans le quartier du Franc-Moisin, avec un budget de 300 millions d'euros sur la mandature. L'enquête en cours pourrait avoir un impact sur la gestion municipale, alors que la ville prépare le budget 2027.
Une procédure judiciaire en cours
L'enquête préliminaire ne signifie pas que des charges seront retenues contre Bally Bagayoko. Le parquet de Paris devra décider, à l'issue des investigations, s'il y a lieu d'ouvrir une information judiciaire ou de classer l'affaire. Les auditions de témoins et les perquisitions pourraient avoir lieu dans les prochains mois. La mairie de Saint-Denis n'a pas répondu aux sollicitations de l'Agence France-Presse.
Cette affaire intervient alors que la RATP est confrontée à des défis de recrutement et de financement, notamment dans le cadre du prolongement du métro automatique. L'entreprise publique, qui emploie environ 45 000 salariés, a annoncé en 2023 un plan d'économies de 200 millions d'euros sur trois ans. La direction de la RATP a réaffirmé sa volonté de transparence dans ses procédures de recrutement, tout en rappelant que le cas de Bally Bagayoko est désormais entre les mains de la justice.



